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L’ÂmeThéme d'étude de la chambre du milieu du 16 novembre 2006
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IntroductionLe crâne veille dans le cabinet de réflexion ; le crâne est sans doute l'illustration de la fenêtre qui donne sur l'éternité, car, par la mort on dépasse les notions du temps et de l'espace ; ce maître passé dans un autre orient, la mort, peut nous mettre en communication avec ce monde que nous ne connaissons pas et c'est provoquer un trou, une brèche, dans le continuum espace-temps, ce qu'a recherché Einstein et qui se définit, de façon non implicite par Jung, grâce à son archétype de l'inconscient collectif. La kabbale, l'alchimie montrent cette recherche de l'homme qui veut passer de "l'autre côté" ; grâce à cette percée sur l'éternité, on doit pouvoir prendre conscience d'un monde où le temps atteint une autre valeur, puisque c'est un milieu cosmique. Tout le cabinet de réflexion conduit à une méditation alchimique, où l'on "maîtrise le corps de sa nature instinctuelle, en séparant de lui l'âme et l'esprit. Ensuite l'âme et l'esprit doivent se fondre en un unis mentalis pour être de nouveau réunis au corps purifié". "L'expérience du soi ouvre à l'individu une semblable fenêtre sur l'éternité, en lui permettant de se soustraire à l'emprise étouffante d'une image unilatérale du monde" dit Jung. "Là, l'homme touche l'éternel en soi, et par cette fenêtre l'éternel peut, du même coup, passer dans le monde lié au temps sous forme d'événements de synchronicité". Notons que la Franc-Maçonnerie n'apporte aucun commentaire sur l'au-delà ; elle indique seulement dans ses rituels l'immortalité de l'âme et la chaîne ininterrompue des "passés à l'Orient Eternel" et des vivants, sans commenter le mythe des têtes décapitées qui conseillent et aide le postulant. L’Âme« Cette partie de l’être humain que l’on ne parvient pas à définir » L’Âme n’a pas pu vraiment être cernée par les définitions métaphysiques qu’ont essayé d’en donner les théologiens, elle a eu la chance d’être repoussée par les psychologues qui se voulaient scientifiques. Pourtant, un sens de l’Âme est indispensable à une réelle santé psychique et spirituelle. Certaines distinctions permettent de mieux connaître les différents niveaux où l’l'Âme peut se situer. Il y a d’abord la distinction animal/spiritus de la tradition chrétienne, où l’Âme représente la base corporelle et affective de la personne, par opposition à un esprit responsable des intuitions supérieures. Cette distinction pourrait correspondre schématiquement à la différence entre Manas et Bouddhi dans la Le mot âme dérive du latin anima signifie « souffle, air, principe de vie, principe spirituel ». Il signifie aussi « être vivant » et « partie vitale d’un ensemble ». Pour Jung l’anima représente la féminité intériorisée de l’homme. Un dernier sens de l’âme peut être l’Atman des Upanishads, c’est l’absolu. Ces définitions de l’âme peuvent amener à deux interprétations forts différentes du mot « psychologie », si l’on entend par « Âme » l’absolu et par « Logos » le discours, ce discours sur l’âme qu’est censée être la psychologie est presque une impossibilité, puisque l’absolu est au-delà de tout discours. Par contre, si l’on entend « Âme » au sens d’anima et « Logos » au sens de signification, la psychologie, c’est-à-dire le fait de donner une signification à l’Âme, sera possible ; elle aura naturellement une orientation spirituelle. En fait la question que tout cherchant se pose est de savoir si l’Âme est de l’ordre du concept ou de l’ordre du symbole ÿ. Il semble bien que l’âme soit un concept reposant sur une réalité abstraite, ou spirituelle, de nature essentielle, qui ne peut être exprimé que symboliquement Le mot « Âme » allie étroitement le principe de vie et le principe de pensée de l’homme. Il faut toutefois se garder de focaliser l’étude sur l’homme. Selon les Anciens – et il semble que leur point de vue soit juste – il « existe » une âme universelle, une âme cosmique, présente en toutes les fonctions principielles qui fondent et animent les divers éléments de la Création. Dès lors, les vibrations cosmiques, astrales, ont peut-être une incidence sur l’âme localisée dans le corps humain. Cependant, on considère que, durant la vie, l’âme est intimement unie au corps. Mais, à l’encontre de celui-ci, elle est considérée comme étant de nature imputrescible. Idée qui semble recevable puisqu’il ne s’agit pas d’un élément physique mais d’un souffle, d’un principe spirituel. Quoi qu’il en soit, l’âme est, au moins d’une manière idéelle, tellement liée à la vie que mourir c’est, dit-on, « rendre l’âme ». Si l’expression est juste d’idée, c’est-à-dire que l'âme n’appartient pas à l’homme, il semblerait pourtant qu’il en soit personnellement responsable durant le temps qu’elle habite son enveloppe corporelle. Ce qui n’exclut nullement le fait qu’elle puisse n’être qu’un prêt. S’il en est ainsi, nous recevons à la naissance, un aspect de l’Être subtil et invisible. Mais ce don provisoire est-il consubstantiel à la nature humaine ÿ. Ou bien, est-il de caractère universel et de ce fait lié à la Vie dans la multiplicité de ses manifestations ÿ. L’âme pourrait être la partie spirituelle qui habite l’être, d’un début jusqu’à un terme. Où éternellement, si l’on en croit certaines traditions. Si l’être doit bien la rendre, surgit alors la question : à qui la rend-il. On peut s'interroger sur le problème de la réincarnation prônée par diverses religions. L’âme est peut-être une sorte de matière spirituelle, une énergie, qui voyage, puis se fixe au gré de l’apparition des êtres ou des différentes formes de vie. Le moment venu, elle réintègre le principe universel dont elle émanait. Dès lors l’âme serait impersonnelle. Pourquoi, si la vie toute entière est sacrée, faut-il utiliser un concept particulier pour désigner ce dépôt particulier en l’homme Si l’une des grandes interrogations de notre vie est : « La vie a-t-elle été crée pour l’homme ou l’homme est-il seulement une de ses composantes ÿ ». L’utilisation de l’âme comme concept concernerait l’un des aspects de la première proposition. Prise dans ce sens, l’âme serait en fait l’un des contrats nous engageant envers la vie. Si la vie est sacrée par essence, l’être a sûrement, par sa conscience, mission de parcourir et enrichir son chemin de vie. Ainsi, l’âme serait le principe initiatique qui rappelle à l’homme le sacré dont il est porteur. Mais aussi, et surtout, son obligation à restituer (ou enrichir) ce dépôt d’âme. L’âme serait en quelque sorte une forme de contrat initiatique qui lie spirituellement l'homme à la vie. Cette part supplémentaire, que d’aucuns considèrent comme une expression de l’étincelle divine, appelle véritablement une dimension exceptionnelle de l’homme. Il importe que celui qui la contemple, qui est avec le temple, soit en capacité de communion avec elle. Son âme rencontre l’âme de l’œuvre et, qui sait, dans le meilleur des cas, rencontre de surcroît l'âme de son Auteur. Le mot psyché dérive du grec psukhê qui signifie âme. C’est ainsi que la psychologie serait la science consacrée à l’étude de l’âme. Ou plutôt de ce que l’on nomme « état d’âme ». Mais il semble bien que l’on soit, en cette matière, plus préoccupé d’équilibre thérapeutique, de bien-être moral que de spiritualité. À propos de psyché, il faut noter que certains miroirs se nomment ainsi. Ont-ils le pouvoir de révéler l’âme de l’être qui s’y contemple ÿ. Il est vrai que les yeux sont réputés être les miroirs de l’âme. Ils sont en effet très souvent révélateurs des réactions profondes de l’être (joie, émotion, colère…), mais ses états, ou ces réactions, émanent-ils véritablement de son âme Car l’âme véritable apparaît comme l’élément le plus subtil, le plus abstrait et le plus noble de l’être. Elle est sa lumière. Les Egyptiens représentaient l’âme, le ba, sous l’apparence d’un oiseau à tête humaine. Tout jeu de mots ou analogie étant exclus, cela suggérait bien la notion d’élément volatil, donc d’essence immatérielle, d’élément doué, au gré des circonstances, d’une autonomie de mouvement. Cet élément faisait, lui aussi, le moment venu, retour à une origine. Peut-être même à l’origine de la Création dont la réalisation est, semble-t-il, toujours en cours. On relève une intéressante rencontre entre la vision égyptienne et celle de Maître Eckhart. En effet, selon ces deux visions, l’âme revêt trois modalités d’être. Selon l’Egypte, le ba représente :
Selon Maître Eckhart, l’âme a trois puissances :
Les deux modes d’expression s’imbriquent de manière surprenante. On peut en effet traduire ainsi les trois modalités d’être de l’âme :
Cette idée de modalité ternaire de l’âme rejoint l’idée selon laquelle il n’est d’autre moyen que la ternarité pour saisir le sens de l’Unité. C’est ce que recouvre le mystère des Nombres, Trois étant la seule manière d’exprimer le Un non manifesté. Autre idée avancée par Maître Eckhart, le confirmant, le lieu de création de l’âme se situerait entre Un et Deux. Ce qui pourrait être représenté par un triangle équilatéral formé par un point au sommet et deux points à sa base. Le lieu de création de l’âme serait au centre, né du croisement de ses trois médianes. Cette représentation symbolique montre bien que par l’effet de la puissance créatrice de la dualité, on peut percevoir le Un situé « au sommet » du Trois. Le Un a jailli du Deux qui l’a engendré. Maître Eckhart va plus loin encore lorsqu’il avance que « l’âme s’enfante elle-même en elle-même et s’enfante à partir d’elle-même et s’enfante de retour en soi ». Toujours plus audacieux, il écrit : « Elle peut opérer des merveilles dans sa lumière naturelle, elle est si puissante qu’elle sépare ce qui est Un ». Au regard de ce triangle, elle sépare bien ce qui est Un en situant la puissance de création, qui en émane, entre Un et Deux, c’est-à-dire au cœur du Trois. Elle sépare bien le Un puisque Trois et Un sont une seule et même chose, Trois n’étant en fait que le moyen d'épeler le Un imprononçable. Partant d’une telle idée, on peut penser que c’est parce que l'âme a le sens d’entrer dans le Un principiel, réputé insécable, qu’elle fait retour à l'âme universelle dont elle semble émaner. On peut également penser que l’homme éveillé, dans son regard et son entendement, a le pouvoir de « forger son âme ». Autrement dit, en une sorte d’opération alchimique, de la frotter au feu de l’Esprit. Ainsi rendue active, elle nourrit sa démarche, sa quête, son voyage vers l’Invisible qui semble bien être son Pays d’origine. Permettez-moi de conclure avec l’une de mes pensées du jour… L’homme est souvent appelé à parler en « son âme et conscience », encore faut-il qu’il puisse prendre … conscience de son âme. Jean-Claude v. L. Orient de Genève, le 16 novembre 2006 Frère de la loge Fidélité et Prudence à l’Orient de Genève
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