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De la Page Blanche à la CompositionouMa Quête Initiatique
Planche du Frère Apprenti V.M. pour son augmentation de salaireTABLE DES MATIERES
IntroductionDepuis que vous m’avez accepté parmi vous et avec mon devoir d’acquérir silencieusement, de méditer et d’apprendre, je vous remercie. Je vous remercie aussi pour la Lumière et l'Amour fraternel que j’ai senti sur mes épaules dès ma première rencontre avec vous tous. Toi d’abord J.- P., mon Frère et Parrain, toi H. mon Frère et Vénérable Maître en Chaire, toi J.-S., mon Frère Préparateur et vous tous mes Dignes et Bien aimés Frères pour l’accueil hautement humain et chaleureux que vous m’avez réservé et pour la patience avec laquelle vous avez guidé mes premiers pas. Ainsi, j’ai pu prendre mon chemin pour m’approcher de la Lumière, cette Lumière que je suis venu chercher ici parmi vous. Vous m’avez ouvert la voie en me donnant comme thème de travail « De la Page Blanche à la Composition ou ma Quête Initiatique » Page Blanche - CompositionDans la définition du mot composition on lit - action, manière de former un tout en assemblant plusieurs parties, plusieurs éléments. Action de composer une œuvre intellectuelle, artistique (surtout en musique). J’aimerais porter votre attention sur le terme UN TOUT- je pense qu’il est indispensable que les éléments de la composition soient porteurs du germe qui formera UN TOUT. Sinon on abouti à un pot pourri hétéroclite. Dans leur diversité les arts sont aussi porteurs de leur unité. Exactement comme pour la définition du mot composition, chaque art a ses spécificités mais en même temps il est porteur de la notion UN TOUT. Comment ne pas se souvenir de la phrase de Goethe « L’être humain est un et indivisible ». Cela explique pourquoi Goethe se demandait si l’architecture est une musique figée ou Edgar Allan Poe qui essayait de fusionner la poésie et la musique en une seule définition essentielle. Tous les arts ont un créateur commun : l’HOMME. Déjà l’antiquité connaissait l’unité des arts, des cérémonies, des spectacles auxquels concourrait la poésie, la musique, la danse et l’architecture. La musique va donc aussi loin que l’âme peut aller. Cet art constitue la révélation que Beethoven plaçait au dessus de toute science et de toute philosophie. St Augustin disait qu’il était pour lui-même sa propre question. Pourquoi j’écris ? Pourquoi encore une œuvre ? Pourquoi juste cette œuvre ? Pourquoi pas une autre? Combien de projets et tentations commençons nous et auxquels nous renonçons dans la vie ? Qu’est ce que je veux transmettre au public ? Est ce que ce n’est pas trop long…? Est ce assez long… ? Infinies sont toutes les questions que je me pose avant, pendant, et très souvent après que j’ai terminé l’œuvre. Chaque fois quand je m’assois devant mon pupitre, je redécouvre la Page Blanche, qui désire être remplie. Je peux déjà avoir l’idée d’une œuvre, d’une sonorité particulière voire un pressentiment de l’architecture de l’œuvre, elle « sonne » déjà dans mon esprit. Mais néanmoins j’ai encore le libre choix d’aller dans n’importe quelle direction. Composer est un besoin fondamental chez l’artiste et aussi un besoin permanent puisque l'émotion est éphémère, transitoire. Il est donc nécessaire que l’émotion soit éveillée en permanence. Une des question centrale à résoudre avant que le compositeur écrive la première note est de pouvoir surmonter l’angoisse qui saisit son âme à l’entrée dans l’infini. L’artiste doit surmonter toutes ses angoisses pour pouvoir aller de l’obscurité vers la lumière. Dans ce surpassement se cache le Rubicon de l’œuvre. En résolvant toutes ces questions l’artiste a réussi à obtenir tous les atouts nécessaires pour commencer son œuvre. En composant, j’ai souvent eu l’impression d’être le découvreur voire le décodeur d’un Univers musical déjà existant quelque part. Pour cela il me faut «seulement » avoir les « bonnes oreilles », « les bonnes antennes » et la page blanche que je désire remplir. Le même besoin fondamental m’avait conduit à frapper à votre porte. Et voilà que je me suis trouvé à nouveau devant la page blanche, ma page blanche, le jour ou vous avez décidé de m’accueillir parmi vous. Cette fois ci la page blanche c’était ma vie entière que je voulais réécrire avec votre aide et avec tout l’amour et toute l’amitié que vous m’avez réservés. De nouveau je suis devenu ma propre question, je voulais réviser et revaloriser tout, recommencer à nouveau en ayant l’expérience et l’âge d’un adulte. Le temps d’apprendre et de méditer était révolu. Tant que la page est de couleur blanche elle est dans l’obscurité. La lumière sera acquise quand la page blanche sera remplie. La quête initiatique« Tout rituel a un model divin, un archétype »- disait M.Eliade. Dans les sociétés dites primitives l’initiation sanctionne le passage à l’état adulte. On peut la définir comme une cérémonie qui consacre l’admission de l’impétrant, admission pour laquelle il possède l’âge et les qualités requises. Etre initié cela veut dire être affilié, introduit à la connaissance. Si on est d’accord avec Dostoïevski, que l’humanité sera sauvée par la beauté, voire la lumière, la quête pour ces dernières s’avère comme une tâche difficile. Déjà le mot « la quête », qui signifie l’action d’aller à la recherche, traduit ces difficultés. L’initiation maçonnique, qu’on peut définir comme une cérémonie d’entrée, est une ouverture vers un nouveau monde. En effet on n’est pas maçon mais on est « fait » maçon par l’initiation. Pour citer de nouveau M.Eliade, « Philosophiquement l’initiation équivaut à une modification ontologique du régime existentiel ». L’initiation c’est comme le passage des ténèbres à la lumière, il provoque une modification fondamentale de notre pensée et de notre être. Il ne s’agit pas seulement d'aller vers la lumière mais par cette lumière de nous entraîner à une action efficace et juste. Pour atteindre ce but il faut se soumettre à certaines conditions : La première condition est d’être un Homme né libre et de bonnes mœurs. La deuxième condition est la mort symbolique du sujet à initier. J’ai été grandement touché quand je me suis privé des mes métaux- les symboles de la réussite profane. J’ai senti combien on n’est pas libre en s’attachant à eux. La raison fondamentale était de réduire tout au strict minimum pour rechercher la richesse autre part. Pour être plus pur, plus léger dans la longue quête de la vérité. Etre seul dans une pièce étroite, sobre et peu éclairée a conduit mes pensées vers les choses essentielles dans la vie. J’ai enfin eu l’impression, même juste pour un instant, de pouvoir déposer mon fardeau, mes « parasites quotidiens » qui m’empêchaient de voir le primordial. Le monde était défini par le nécessaire, l’essentiel, en un mot par l’éternel, tout superflu paraissait inutile et sans sens. Ainsi préparé :
Je suis rentré dans le temple les yeux bandés. Maintenant je ne pouvais plus me fier qu’à mes autres sens et surtout à ma vision intérieure. Privé de la vue et sans défense, pour la première fois dans ma vie, j’ai appris à être confiant envers vous mes Frères. Pendant les voyages j’étais purifié par l’air, l’eau et le feu
Le liquide frais et doux qui est devenu subitement amère reprend finalement sa douceur primitive. En cet instant j’ai pu comprendre la grandeur morale de la bienfaisance envers mes Frères et tout ceux qui ont besoin d’aide. Après la promesse solennelle de mon serment, la Lumière m’était accordée, j’ai pu voir tous mes Frères et lire le mot Justice, ce mot qui m’accompagnera pendant toute ma vie. Le choc initiatique était créé. On est passé des Ténèbres à la Lumière. Bien des mois après l’initiation en écoutant, lisant et méditant j’ai eu la conviction que ma quête initiatique était aussi et surtout une recherche de la vérité, ma recherche de la vérité, de mon GRAAL, de mon objet SACRE où la finalité était plus importante que toutes les difficultés du monde. Le GRAAL étant polymorphe, chacun porterait en soi son GRAAL tel qu’il l’imagine et le cultive. Son intemporalité et son universalité font de lui objet de la quête de la Connaissance suprême. Peut-être est-ce l’illustration du désir de l’homme de l’acquérir ? ConclusionPour terminer j’aimerai vous transmettre une réflexion sur les trois petites Lumières, les fondements et les véhicules de l’esprit humain, dont la Sagesse, la Force et la Beauté. Bien que j’utilisais aussi ces principes dans ma vie profane, je les ai consciemment appris parmi vous, Toute œuvre humaine repose sur ces trois lumières, symboles humains de la recherche de la vérité. J’ai compris que dans cette trinité se repose aussi la réponse absolue de la recherche artistique. La sagesse nous aide à construire l’architecture d’une œuvre, la force nous aide à l'exécuter et la beauté donnera à l’œuvre l’harmonie, l’unité et comme aboutissement : la Lumière. Permettez-moi de finir avec une pensée de Lao-tseu (av.570-490) : « Pureté et quiétude sont normes du monde. » V : . M : . Et vous tous mes T : .C : .FF : . J’ai dit. V.M. Frère de la Loge Fidélité et Prudence à l'Orient de Genève |