Elie Ducommun

 

Le franc-maçon genevois

Né à Genève le 19 février 1833 d'un père horloger originaire du canton de Neuchatel, Elie Ducommun partit à l'âge de dix-sept ans, après avoir terminé ses études,  comme précepteur en Allemagne où il demeura trois ans. De retour à Genève avec l'intention d'entrer dans l'enseignement, il fut bientôt saisi par le virus de l'action politique. James Fazi, qui avait pu apprécier la force de travail et la lucidité de pensée du jeune homme, l'appela en 1855 à la direction de la Revue de Genève qu'il venait de fonder

Une année plus tard, Elie Ducommun est initié dans la loge genevoise La Prudence. Il a vingt-trois ans. L'année qui suit son initiation, répondant à l'appel de James Fazi dont il était un des chauds partisan, Elie Ducommun devient vice-chancelier de l'Etat de Genève puis chancelier en 1862. Après le revirement politique qui amène les "Indépendants" au pouvoir en 1865, Elie Ducommun se démet de ses fonctions et retourne à la presse. Son travail l'appellera dès lors dans le Jura ( qui à l' époque était du canton de berne), à Delémont, où il créera le journal Le Progrès, puis à Berne où il sera rédacteur du journal de langue française l'Helvetia, tout en remplissant la fonction de traducteur au Conseil national.

La carrière d'Elie Ducommun au sein de la franc-maçonnerie genevoise a donc été brève, puiisqu'elle n'aura duré que neuf ans. Pourtant, en si peu d'années, Elie Ducommun a considérablement marqué les esprits à Genève. Comme sa grande passion était d'unir ce qui était épars, il avait participé avec ardeur à la création du Temple Unique. Elie Ducommun a accédé très rapidement  à des fonctions au sein de sa loge, puisque le 21 juin 1858 déjà, soit tout juste après son élévation à la maîtrise, il fut nommé en qualité de secrétaire du temple Unique. Quelques années plus tard il en deviendras le Vénérable, puis le Maître député

Source: Elie Ducommun  1833-1896 p 134-136  auteur Michel Cugnet Ed.  Association "Genève : un lieu pour la Paix" chemin Haccius 10 CH-1212 Grand Lancy  pax@genevaforpeace.com

 

Dévoilement du buste d'Elie Ducommun à la promenade de Saint-Jean à Genève le 21 septembre 2002 à 11h00

 

C'est le 21 septembre 2002 à 11h00 sur la promenade de Saint-Jean à Genève que la conseillère fédérale Ruth Dreifuss, le Chancelier d'Etat de la République et canton de Genève Robert Hensler, le Vice-président du Grand Conseil Bernard Lescaze, le Secrétaire général du BIP Colin Archer,  le président de l'Association "Genève: un lieu de paix"  Roger Durand ainsi que le Grand Maître de la Grand Loge Suisse Alpina Alberto Ménasche  ont dévoilé le buste d'Elie Ducommun en présence d'une foule nombreuse.  

 


Commentaire de la presse genevoise

Tirée du Le Courrier

Lundi 7 octobre 2002

par NOEMI POGET

Un hôte éminent loge désormais à la Promenade de Saint-Jean. En effet, un buste d’Elie Ducommun s’y trouve depuis le 21 septembre. Actif dans une multitude de domaines, celui-ci s’est en particulier consacré à promouvoir la paix. En 1902, son travail, ainsi que celui d’Albert Gobat, est récompensé du Prix Nobel de la paix.

Né à Genève le 19 février 1833, Elle Ducommun étudie les lettres et les sciences avant de partir, très jeune, pour la Saxe. II y devient précepteur des enfants du baron de Bünow, tout en apprenant l'allemand. Cependant, le décès de son père le rappelle à Genève, où, sur l’impulsion de James Fazy, il entre à la rédaction du journal radical "La revue de Genève".

De même que son père et son frère, Elie est très attaché aux idées radicales et, avec ce dernier, il sera député radical au Grand Conseil de 1858 à 1862, tout en entrant dans la franc­maçonnerie à l'âge de 23 ans.

CHANCEL1ER FRANC-MACON

En 1862, Elie succède au chancelier l’Etat Viridet, qu’il secondait jusqu’alors et quitte “La revue de Genève”, rebaptisée entre temps "La nation suisse". Ses années de travail au sein de cette dernière lui ont permis d’acquérir une bonne connaissance des affaires politiques.

Ducommun s'intéresse en outre à l’économie - il écrit notamment un “Mémoire en réponse à la question: quelles sont les industries nouvelles ou renouvelées qui pourraient réussir à Genève, sans l'aide d’aucune subvention gouvernementale ? - et à la religion, critiquant aussi bien le clergé catholique que l’influence de Calvin.

En 1865, lorsque James Fazy et ses partisans sont écartés du pouvoir, sûr de ses choix et fidèle à ses convictions, Ducommun n’hésite pas à abandonner son poste de chancelier: "Entre mes convictions politiques et le maintien d’une position, quelque élevée qu’elle soit, mon choix ne saurait être douteux"

Dans le même temps, deux radicaux, Pierre Jolissaint et Edouard Carlin, lui proposent de devenir rédacteur au “Progrès” à Delémont. Ducommun accepte et quitte Genève sans hésitation. A peine établi dans le Jura, l’ancien chancelier ne se satisfait du seul travail au "Progrès" et se lance, en 1866, dans la traduction pour le Conseil national.

Deux  ans plus tard, les compétences acquises en Saxe lui permettent également de se charger des traductions du Palais Fédéral.

Infatigable et pacifiste toujours fermement convaincu, Ducommun participe aussi de près à l'organisation, en 1867, du "Congres de la Paix" qui a lieu en septembre de cette année-là à Genève. Une association pacifiste, la "Ligue de la Paix et de la liberté", naît de cette rencontre et du travail du Genevois. Ce dernier, parallèlement à toutes ses activités, entreprend en outre de rédiger des articles en français pour la revue des "Etats-Unis d'Europe", publiée par la jeune ligue.

En outre, parmi les nombreuses luttes auxquelles Elie Ducommun est sensible, le sort des petits commerces et industries l’intéresse particulièrement. Il considère en effet que ceux-ci sont défavorisés par rapport aux grandes entreprises qui possèdent d’importants capitaux, et qu’il convient donc de les soutenir. Cc qu’il fait en créant, avec une cinquantaine d’autres sociétaires, la Banque populaire suisse.

Continuellement actif dans le monde de l’écrit, le radical fonde, en 1871 son propre journal politique , "L’Helvetie". La vie de celle-ci sera toutefois très courte puisqu’elle disparaît en 1872. C’est alors que Jolissaint resurgit sur le devant de la scène avec une nouvelle proposition. Il s’agit cette fois pour Ducommun de s’établir à Bienne et d’y assumer le poste - créé expressément pour lui - de secrétaire général de l’organisation des chemins de fer du Jura bernois.

Lorsque, 5 ans plus tard, l'administration de celle-ci est transférée à Berne, il la suit. Il en restera le secrétaire général jusqu’à son rachat par la Confédération, en 1903.

BUREAU DE LA PAIX

Par ailleurs. l’engagement pacifiste de Ducommun, bien connu du public, lui vaut, en 1892, d’être nommé secrétaire honoraire bénévole du "Bureau international de la paix". Ce dernier vient de voir le jour et Berne a été désignée comme son siège.

Dix ans plus tard, Ducommun reçoit, avec Albert Gobat, conseiller national et directeur du “Bureau de l’Union interparlementaire de la Paix et de l'Arbitrage”, le Prix Nobel de la paix. Elie Ducommun meurt peu après, en 1906, âgé de 73 ans.

Cité in: Victor Monnier, “Notes et documents pour servir  à la biographie d’Elie Ducommun”, in: Revue européenne des sciences sociales, tome 22, 1984, n’67, p.l41.

Source: LE COURRIER, page 3 Rubrique Histoire,  Noémi Poget titre : Elie Ducommun, un prix Nobel méconnu.

 

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