Commémoration de l'Escalade

 

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Commémoration de l'Escalade

à

l'Hôtel Métropole le 2 décembre 2006  

lors de la

Saint-Jean d'hiver familiale

 

 

En 1602, Henri IV signe avec la Suisse un traité d’alliance, en Hollande se crée la Compagnie des Indes, Campanella écrit La Cité du Soleil, Caravage peint, Galilée étudie à Padoue, Montaigne écrit ses Essais.

En Europe les grandes puissances comme la France et l’Espagne se livrent à de grands conflits.

En parallèle, un autre combat se déroule en vue de la suprématie religieuse.

C’est à Genève que des milliers de Protestant  trouvent refuge.

Ils demeurent à l’intérieur des murailles, protégés par leurs sentinelles, alors que les espions du Duc Charles Emmanuel de Savoie, dit « le chat » rôdent autour de la ville.

Dans la nuit du 11 au 12 décembre 1602 ils attaquent Genève par surprise en dépit de la paix auparavant « jurée et rejurée »

Au terme d’une marche depuis la Haute Savoie, plus de 2'000 hommes parviennent à Plainpalais sans se faire suspendre.

Ils placent des échelles le long des remparts et escaladent ainsi les murailles.

Le Duc de Savoie décide l’entreprise « gagnée d’avance » et envoie ses messagers en Europe porter la bonne nouvelle.

Mais c’était sans compter sur la hardiesse du soldat François Bousezel, qui malgré une blessure mortelle, fait tonner son arquebuse et aussitôt l’alerte est donnée du haut de la cathédrale Saint-Pierre.

Le peuple entier se bat alors au cotés de la milice.

Le projet de l’ennemi était de faire sauter la porte Neuve afin de percer  un passage pour le gros de la troupe.

Mais le plan échoue grâce à la présence d’esprit du garde Isaac Mercier qui fait tomber la herse.

Les femmes, quant à elles ne sont pas restées inactives : Dame Piaget lance la clé de sa maison pour que les Genevois puissent y passer et prendre l’ennemi à revers.

La Mère Royaume expédie une marmite sur la tête d’un assaillant et devient ainsi le symbole de leur victoire pour l’indépendance

Face à leur défaite les Savoyards battent en retraite et le Duc, furieux, accueille le commandant d’Albigny  par ces mots « Vous avez fait là une belle cacade ! »

Le lendemain, dimanche au matin, le peuple de Genève se rend dans les temples pour louer la providence du Seigneur en la présence de Théodore de Bèze disciple de Calvin.

On déplore 18 morts coté Genevois, leur relique sont conservés au temple de Saint Gervais.

Côté ennemi, on compte 54 cadavres et treize prisonniers.

Ils sont jugés et traités comme voleurs et brigands puis pendus le jour même.

En été 1603 le traité de Saint Julien, conclu avec l’aide des délégués des 5 cantons Suisses, marque la fin des hostilités. Les cours Européennes  ont elles aussi fait pression en vue de cet accord.

Le rayonnement de Calvin, mort 38 ans plus tôt, ne sera plus jamais interrompu.

Voilà très brièvement résumé le récit  de l’escalade.

Je constate que Calvin et ses disciples voulaient se soustraire à la pensée unique mais attisèrent ainsi  la peur et la haine de leurs voisins Catholiques.

Je pense cependant que la menace est grande de devenir soi-même dogmatique à force de trop vouloir combattre les dogmes.

C’est à croire que quand Jésus dit : « Aimez-vous les uns les autres », nous comprenions « Entre tuez-vous, Dieu reconnaîtra les siens »

A cette époque déjà un certain Shakespeare disait  « L’hérétique ne monte pas sur le bûcher, il l’allume »

Quatre siècles plus tard les questions fondamentales subsistent.

  • La diversité des races et des cultures n’est-elle pas un plus en vue de l’évolution humaine ?
  • A l’ère du nucléaire ne sommes-nous pas contraints de coexister en bonne intelligence ?
  • Arriverons-nous à être moins individualiste pour devenir plus tolérants et respectueux ?
  • Comprendrons-nous que le bonheur et l’abondance ne peuvent pas exister au milieu de la détresse humaine ?
  • Pourrons nous passer sous silence les mots inutiles et blessants ?
  • Notre mental laissera-t-il un peu de place à l’intuition et à la spontanéité ?
  • Verrons-nous comme dans le dictionnaire le mot Amour précéder le mot haine ?

N’oublions pas toutefois que des personnes travaillent et ont travaillé courageusement afin d’atténuer les souffrances des victimes, et afin de préserver l’entente entre les peuples.

A l’image d’Elie Ducommun qui reçut le Prix Nobel de la Paix en 1902.

Il a également oeuvré afin d’améliorer la condition de la femme.

Travaillons à prouver que Genève aujourd’hui encore est une capitale d’idée et qu’elle rassemble des femmes et des hommes de bonne volonté, ainsi que des esprits éclairés.

Pierre-Antoine C.

Frère de la loge Fidélité et Prudence à l’Orient de Genève

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