Notre siècle d’inventions et d’innovations n’est
pas heureux. Malgré tous les prodiges techniques,
les cerveaux électroniques, le rythme d’une
évolution matérielle, l’homme demeure inquiet,
angoissé. Il ne sait plus rêver. Alors que les
chemins les plus rapides relient immédiatement
peuples et civilisations, que les images de toutes
contrées pénètrent à l’instant même dans chacune
de nos demeures, l’homme éprouve un sentiment de
malaise, de peur, de solitude.
Emporté par des problèmes professionnels,
sentimentaux où que sais-je, le Maçon malheureux
est semblable à cet homme. Il ne fréquente plus la
Loge, lieu magique ou tout est révélé
symboliquement. Il a oublié ce pourquoi il est
Maçon, il a oublié la notion d’être, il ne sait
plus écouter le rythme de la nature, sentir toutes
ces forces qui exaltent et réconfortent notre
corps. Il se trompe de Portes où frappe à de
mauvaises portes, il s’égare. Il oublie qu’il est
F.’. et qu’il est entouré de FF.’., Il oublie l’un
des plus beau symbole maçonnique la chaîne
d’union. Il est seul.
La Maçonnerie rassemble ce qui est épars : elle
permet la communication, la compréhension,
l’amour. Ce travail de libération, qui doit
s’affranchir de tout ce qui est conditionnement
matériel ou social, avec le dépassement du monde
des apparences, ne peut se réaliser que dans un
lieu fermé ; un foyer, un atelier de travail.
La Loge permet la confrontation fraternelle des
caractères ; chaque membre peut s’interroger, et
cette recherche de la vérité se fait dans une
compréhension mutuelle, une solidarité. Le
Franc-maçon doit oublier son individualité pour
s’intégrer dans un universalisme où passé, présent
et avenir se confondent. Ce travail débuté en Loge
doit se continuer à l’extérieur le Franc-maçon a
donc des devoirs, non seulement envers lui-même,
mais également dans la vie profane.
Le Maçon bienheureux est cet homme intérieur qui
renaît à la Lumière spirituelle ; il se situe au
centre de la Loge, lieu où tous les états se
concentrent et se réalisent. Dans cet oeuf
primordial, la régénération s’accomplit. Grâce à
son travail effectué dans le centre, le Maçon
bienheureux est bien le citoyen de l’univers.
Jean-Claude von L.
Saint-Jean d'hiver 2001
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
En quelques mots, permettez-moi de vous parler de
la démocratie. Dès lors que l’individu et la
société associent leur destin, tentons d’utiliser
cette force de cette association pour créer les
conditions d’une société invitant à l’entraide
sociale, à l’épanouissement personne, ceci dans un
cadre d’une politisation démocratique.
La démocratie ne peut se réduire à un système
politique traditionnel, elle est plutôt une
interaction, une régénération dynamique où les
citoyens produisent la démocratie que produit les
citoyens.
En démocratie, la personne est un citoyen heureux,
un sujet automne, une personnalité au service de
ses intérêts et de ses voeux, mais ce même citoyen
pense sa cité, en individu solidaire et
responsable.
Cultivons ce bonheur où la démocratie accepte un
système complexe, respecte la pluralité des idées
et la richesse de la diversité. Chaque personne
est appelée à maintenir la démocratie en la
réalisant. Chaque Frère est invité à s’impliquer
dans la Franc- Maçonnerie pour la renouveler.
Chaque Frère qui tue en lui l’espérance maçonnique
est un Frère malheureux.
Rémy H.
Saint-Jean d'été 2003
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
A travers l’univers, plusieurs personnes ou
entités ont toujours recherché la vérité, et cela quelle que soit leur origine.
Chaque fois que nous commençons une nouvelle
journée, il nous est donné de découvrir le bonheur et le malheur.
Malheureux celui dont on confine l’espace, celui
que l’on exclut, dont on coupe les racines, sa patrie, sa famille, celui aussi
dont la vie est menacée pour ses croyances.
Mais ce soir je m’attacherai plutôt aux maçons heureux,
car faire partie d’une aussi merveilleuse société qu’est la franc- maçonnerie
est une chance.
Certes, nos valeurs sont peut être universelle,
mais notre méthode d’approche, nos échanges, nos rites, et nos instructions
sont uniques.
Et à l’heure de la mondialisation qui ne profite
d’ailleurs pas à tous ou les journaux, la télévision et la radio nous abreuvent
d’une culture dénuée de tout
La majeure partie de la population à perdu contact
avec la loi naturelle, le bien et le mal car assoiffé de sensation. A notre
époque l’argent commande nos rapports et beaucoup d'hommes préfèrent tourner le
dos aux autres, la solidarité, l’entraide sont devenus des vains mots.
Encore heureux que nous ayons nos temples qui
restent des lieux hétéroclites, de réflexion, de discussion, de pensée ou
l’appartenance à une religion, une origine, une culture n’est pas de mise.
Le maçon, le vrai maçon sait qu’il doit être un homme libre et de bonnes mœurs,
qu’il doit traiter l’autre comme il se traite lui-même, il doit montrer aux
autres qu’il est capable de créativité et de dépassement.
Dieudonné N.
Saint-Jean d'hiver 2005, 8 décembre 2005
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Le Maçon malheureux est celui qui n'a pas encore su
comprendre l’importance de la Loge, de ce foyer, de cet atelier de travail. Il
n’a pas su se plier librement et avec humilité à cette règle où la hiérarchie,
rigoureuse, lui demande d’être au service de sa Loge, de son Frère, au même
titre que dans la vie civile, être au service de sa Patrie.
Sa Patrie, ce bout de terre, cet espace de l’univers où il
est né, où il a reçu la Vie par un acte d’amour… et il l’ignore.
Sa Loge, cet Œuf primordial, lui offre la régénération
permanente, de son être, avec l’aide du G\A\D\L\U\ et
de ses tables de commandements à l’amour, avec l’aide de l’Alpina et de ses
règlements de comportements, avec l’aide de ses Frères qui lui offrent
fraternité et amitié… et il l’ignore.
Oui, le Maçon malheureux est celui qui passe à côté de son
Chemin, ou pis encore, l'ayant réellement vu, refuse de s'y engager en raison
des difficultés qu'il pourrait lui réserver. C'est un voyageur alourdi par une
valise, qu'il traîne, une valise pleine d'outils dont il n'a pas encore compris
toute la symbolique. De ce fait il n’a pas compris l’importance de la Loge, il
n’assiste pas aux travaux, encore moins aux séances d’instructions, ou alors en
touriste. Mais, la Loge n'est pas une agence de voyages, elle n'offre pas de
voyage initiatique organisé.
Lors de son initiation, le Maçon malheureux a, peut-être, eu
quelques instants de fulgurance pouvant lui faire croire qu'il a rencontré la
Lumière. Quand bien même cela serait, ces instants seraient irréels, ils ne
peuvent être que des instants de réalisation éphémère. Fulgurant est issu du
latin fulgursignifiant foudre. Est donc
fulgurant ce qui jette une lumière soudaine, aveuglante et brève comme celle de
l'éclair. Nul ne peut se maintenir très longtemps dans un tel état. Tout
adepte, quelles que soient ses aptitudes, fussent-elles exceptionnelles (si
toutefois cela est possible en la matière), ne peut être dispensé de s'engager
dans le parcours d’une Voie l o n g u e.
***
La vie est, pour le Maçon bienheureux, balisée par les
éléments qu'il veut bien faire surgir du plus profond de lui-même. Son Chemin
sera d'autant plus essentiel qu'il aura véritablement exigé son apparition. Car
tout existe en nous, mais n'y est pas obligatoirement apparent. Pour le rendre
visible, il faut notamment savoir nommer ces balises qui ornent le Chemin. Cela
demande une forte volonté, celle de parcourir la vie en conscience et de
chercher inlassablement le paysage conforme à notre désir. C'est pourquoi, le
Maçon bienheureux se doit de vivre en permanence le choix de ce Chemin. Il
s'engage sur une Voie l o n g u e.
Il connaît son point de départ tout en sachant qu'il n'y a
pas d'arrivée. Il est ce voyageur sans bagage, il s'est débarrassé des opacités
et charges diverses qui entravaient sa vie. Il est aussi quelquefois le
voyageur immobile, celui qui ne renonce pas, mais qui sait cependant s'arrêter
pour faire le point sur la justesse de l'orient-ation donnée à sa quête.
Le Maçon bienheureux est un véritable ouvreur de
chemin... un bâtisseur de route. Il est en capacité de détourner les
pièges et embûches qu'il pourrait rencontrer; il est en capacité de penser son
chemin. Un chemin qui a du coeur, parce qu'il est lui-même devenu un être de
coeur. Il est à la fois être et chemin, afin de se répandre, et de vibrer à
l'unisson, à la manière d'un écho et à la gloire du ... G\A\D\L\U\
Jean-Claude von L.
Saint-Jean d'été 2006
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Qui me parle du vrai bonheur, qui
évoque la fraternité généreuse ? Bonheur et fraternité sont destiné à enchanter
le coeur de mes Frères.
Cette plénitude sera assurément
comme une mésange qui parle à mon âme, une mésange portée par la brise. Cet
oiseau élégant, image d’un courage destiné à rassembler les enthousiasmes et
d’un désir bienvenu pour réunir les heureux vénérables si dévoués à leur Loge,
traverse le ciel, comme des pensées fraternelles habitent le ciel de ma Loge.
Les Vénérables réunis grâce à
cette envie de construire ensemble seront les modèles pour les Frères encore
plus fortement portés par l’entraînement des rituels fraternels.
Ne pas semer le bonheur pour
moissonner les énergies de l’avenir de ma Loge, ne pas élargir les dimensions
de mon coeur, ne pas remplir l’âme, de mes Frères de douce fehcite, comme une
clarté mozartienne, voila mes Frères le poids de mon malheur.
Rémy H.
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Dansla Maçonnerie comme dans
le monde profane, tous les hommes sont mes frères, nos frères. Combien de
malheureux pour si peu d’heureux! Que faire pour que l’odieux déséquilibre des
deux plateaux de la balance change de sens, que domine enfin celui des frères
heureux? Etre solidaires, fraternels, tendre la main à ceux qui, proches ou
lointains, semblables ou différents sont dans le besoin, l’affliction, la
solitude. N’aurions nous pas tendance, nous autresmaçons, après les grandes conquêtes sociales du XX ème siècle, à
sous-estimer gravement un manque certain de solidarité ?
Sans prétendre changer le monde, ni s’immiscer dans un débat
politique de plus en plus sulfureux, ne pourrait-on pas, au moins sur le plan
régional, accroître, mieux organiser et harmoniser d’avantage notre œuvre
destinée à soulager les malheurs des autres.
Solidaires,
charitables sachons faire preuve de compassion. Comptons dans ce but sur nos
Frères heureux pour aider nos Frères malheureux. La taille de notre pierre n’en
sera que plus proche de la perfection.
Michel
P.
Saint-Jean
d'hiver 2011
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Fêter la St Jean, c’est fêter la lumière. Il y a
la St Jean d’hiver, sous le patronyme de St Jean
l’Évangéliste et celle qui nous préoccupe en ce
jour, la St Jean d’été, représentée par St Jean
Baptiste. Tout deux, patrons des anciens maçons
opératifs.
Ces deux celebrations se situent aux solstices
d’été et d’hiver soit aux environs du 21 juin et
21 décembre.
Ces fêtes des deux solstices ont été célébrées de
tout temps, sur toute la surface de la terre sous
des formes diverses mais dont le contenu reste le
même. Le combat entre Ténèbre et Lumière.
St Jean Baptiste est le précurseur de la Lumière.
Il est celui qui purifie par l’eau, l’initiateur.
Celui qui siège sur le trône, initiera par le feu.
On y retrouve deux principes, l’eau et le feu, le
principe passif et le principe actif.
Aujourd’hui, nous fêtons mes Frères la pleine
lumière, le triomphe de la Lumière sur les
Ténèbre.
Gardons en notre coeur et notre raison ce feu
régénérateur pour rayonner et propager nos
principes d’Amour fraternel, de Tolérance, de
Charité et ainsi de continuer avec cette force
accumulée la recherche de la Vérité.
Cette accumulation d’énergie, nous permettra aussi
de combattre jusqu’à la St Jean d’hiver où au
moment le plus noir de l’année, le message de
l’Amour et d’espérance de St Jean l’Évangéliste
nous indiquera le chemin de la ré ascension vers
la Lumière.
Nous comprenons que ces deux fêtes sont liées
comme son liés les solstices d’été et d’hiver,
comme le Macrocosme et le microcosme dont notre
condition d’Homme est partie intégrante de ce
Grand Oeuvre. La nature est Une.
Alors que les éloges pleuvent sur le dynamisme confraternel
des loges genevoises, enfin reconnu, alors que le trend consensuel est à
l’heure de la décentralisation, alors que pour le novice que je suis les
variations d'obédiences et de rites échappent à ma recherche d'ouverture
fraternelle, le pourfendeur du jacobinisme que je me gausse d’être, a justement
été désigné pour vous faire l’éloge de la Grande Loge Suisse Alpina.
En ces temps festifs mais néanmoins propices à la réflexion,
il est bon de se souvenir qu’en dehors de l’union, des coeurs, des idées, notre
chaîne en témoigne, il n’est point de salut.
Le toast, que je vous prie de partager avec moi, à la gloire
de la Grande Loge Suisse Alpina, en dehors des convictions personnelles de
chacun, doit être une réalité tangible, du moins au niveau du ressenti.
Qu’importe le flacon, pourvu que l’on aie l’ivresse, mais
ici c’est de l’esprit dont je souhaite vous convaincre et non du jus de la
treille, donc les appellations et autres titres apanagent des vanités profanes
sont sans importance.
Ce qui importe, c’est la défense de nos idées, de nos
convictions. Et dans ce monde médiatique, ou l’image du ressenti ne dure qu’un
court instant, ou la perception primaire parfois supplante le fond, seul
l’union fait la force. Force et vigueur est l’un de nos adages, comment mieux
si conformer qu’en accepter la concrète réalisation de la GLSA.
Au couvent de Wilhehmsbad, en 1782, lors de l’adoption des
règles maçonniques, il est déjà fait ouvertement allusion à l’union, à la force
politique et idéologique, démocratique, que confère l’alliance fraternelle des
hommes, au-dessus des partis et gouvernants pour le juste et le bien de
l’humanité toute entière.
Sans viser aussi haut, en ces temps citoyens, puisqu’il
s’agit aussi de penser à notre Patrie, locale: Genève fête son escalade,
nationale : la Suisse, avec une nouvelle ministre issue de nos régions,
Européenne avec l’entrée prochaine dans le concret des accords bilatéraux, il
ne faut surtout pas oublier la Patrie du Juste, qui ne peut triompher que dans
la lumière, et à la condition d’avoir les bons vecteurs, la GLSA en étant la
pierre angulaire.
Bien entendu que la GLSA a pour objet de faire prospérer nos
idées dans l'esprit des Anciens Devoirs de 1723, dans l’esprit de la maçonnerie
de St.Jean, mais aussi de conclure des alliances avec d’autres loges
régulières, donc de nous renforcer globalement, et même s'il y a,dans les
instances diverses un fort taux de cooptation, n’oublions pas qu’il s’agit de
Frères que nous avons élus démocratiquement pour nous représenter.
En 1937, donc hier du point de vue de l’histoire, une
initiative est passée en votation populaire, dans le but d’interdire en Suisse,
le Rotary-Club, le Compagnonnage, les Odd Fellows, la société Philanthropique
l’Union et bien entendu la Franc-Maçonnerie, et il a été plus que judicieux de
pouvoir compter sur le courage et l’initiative de tous, mais sur les rouages
mis en place par la GLSA.
En guise de conclusion, je lève mon verre, et vous invitent
à en faire autant en vous suggérant de retenir et méditer la devise « Un pour
tous, tous pour un»
Non ne me regardez pas ainsi, je ne me suis pas trompé de
confrérie, et ce n'est le récent logement au Panthéon de son auteur qui m’a
inspiré.
C’est dans les années fin 1800, mais je n’ai pas la date
précise, que notre frère Elie Ducommun, dont le buste a été inauguré
dernièrement, grand maître de l'Alpina de 1890 à 1895, dans un toast de même
nature, lors de l’inauguration des nouveaux locaux de la loge de Berne, alors que
la franc-maçonnerie subissait de nombreuses attaques politico-économique, voir
idéologique et qu’il y avait de nombreux frères dans le doute, en expliquant
avec regret qu’il était le dernier survivant en tant que Maître en chair du
Temple Unique de Genève, que cette devise avait bien entendu du sens du point
de vue maçonnique, mais avait aussi son usage et son sens dans le monde
profane, donc « Un pour tous, tous pour un mes frères »
Jean-Marc C.
Saint-Jean d'été 2003
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Que cette libation qui
va à la Grande Loge Suisse Alpina, à son GM et au CGO marque ma reconnaissance et
celle des FF pour votre travail opiniâtre et altruiste, qu’elle
contribue à entretenir la flamme dans nos cœurspour qu’ils puissent battre longtemps et nous permettre de rassembler
nos forces et creuser avec clairvoyance notre sillon vers la sagesse.
Michel
P.
Saint-Jean
d'hiver 2011
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Une époque ou tout ou presque est très vite remis en
question.
Avec des institutions qui s’écroulent, une politique qui se
discrédite et qui perd de son pouvoir!
Une époque ou les valeurs changent, bousculées et remplacées
par d’autres priorités, priorités souvent à court terme, qui se conjuguent
presque toujours avec rentabilité et profit...
Nous vivons une époque déstabilisante pour beaucoup régime à
deux vitesses, révolution permanente avec des acquis qui s’envolent, des
distances qui s’estompent et des droits toujours plus mis en priorité.
Nous n’avons cependant pas à observer ces phénomènes de
l’oeil noir du négatif, c’est l’évolution actuelle de notre monde, appelons un
chat un chat; c’est le progrès !!! ou du moins un de ces aspect..
Dans cette mouvance ... de quelle patrie voulez-vous que je
vous parle? Ma patrie n’est assurément plus celle
de mon école de recrue, ou alors c’est moi qui la vois différente. Aurais-je
comme ça changé?
Entre l’image souvenir du quartier de mon enfance, aujourd’hui
rasé, et l’image futuriste des voyages interplanétaires...
Entre mon coin de terre où je cultive le bonheur et les îles
lointaines de l’imaginaire et du virtuel...
Entre l’amour pour nos enfants et l’héritage endetté que
nous leur léguons... Entre la traditionnelle photo familiale brunie de mes
aïeux et celle dans mon hebdo
préféré... d’un mariage d’homosexuels...
De qu’elle patrie voulez-vous que je vous parle?
Entre le constat d’un drapeau controversé à l’Expo 02 mais
que l’on exhibe au dernier mondial et l’aveu de ressentir parfois le
rôstigraben...
Avec l’évidence au milieu de l’Europe, des frontières qui se
transforment ou disparaissent...Entre mon très fort désir que nous restions terre
d’accueil.... et mon sentiment d’ingérence... du problème des réfugiés
Entre les allants humanitaires et l’instinct de défendre les
siens... De qu’elle patrie voulez-vous que je vous parle?
Je ne sais pas
où naît, où commence le patriotisme, mais je sais
qu’il s’achève au nationalisme!
Y a t’ il encore convergence entre pays et patrie?
Que de questions... Que de mots...
Et en plus aujourd’hui... les mots aussi... dévaluent...
changent... perdent de leurs sens.
Faut-il nécessairement expliquer, situer la patrie, la
définir? A trop les définir, on fini, vous le savez, par restreindre les
choses...
Et à trop définir la patrie.., je n’ai plus que trouvé en
moi, qu’un peu de braise, dans l’attente de s’enflammer.
Une vibration prête à s’amplifier.., une émotion prête à
jaillir pour une cause, une idée... par exemple la liberté.., pour laquelle je
serais prêt à me munir de mon épée, de mon glaive!
Mes T :. C :. FF :. je veux vous parler d’une patrie...
Elle est multiraciale... multiconfessionnelle...
multiculturelle.., multicouches sociales...
Joyaux de la libre pensée noble, elle est universelle..,
elle traverse les temps et les générations
Ces frontières nous préservent de la tyrannie et du dogme.
Mes T :. C :. FF :., vous l’avez, je sais,
bien sûr reconnue...
Peut-être qu’un jour pas si lointain..., entre deux
tenues..., entre deux agapes... au-delà de nos responsabilités de Maçons.,... il
nous faudra partir au combat, pas sur soi, celui-lànous 1’avons déjà commencé! Mais pour la
défendre!
Notre PATRIE ! La Franc-Maçonnerie !
Gérard A.
Saint-Jean d'hiver, 21 décembre 2006
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève
Dès mon premier contact avec la Franc-Maçonnerie, c’était dans
l’intimité du bureau de la pharmacie de Feu Artine Der Hagopian, alors
Vénérable de la Loge Fidélité et Prudence, quelques semaines avant que j’ose
frapper à la porte du Temple, j’ai été choqué, oui choqué, par l’extraordinaire
importance de l’engagement de la FM envers la Patrie exigé de tout Frère, une
exigence en quelque sorte sanctifiée par la FM dès la première enquête, dès le
cabinet de réflexion.
Très vite, Artine --il
allait toujours au plus pressé -- m’a rassuré par ses explications. La Patrie
au XVII ème comme au XVIII ème siècle n’avait rien à voir avec la nation telle
que le XIX ème puis le XX ème siècle l’ont créée; c’était, au siècle des
Lumières surtout, une vision plus culturelle que politique et avec un goût de
terroir plus que de sang, très éloignée des nationalismes qui, d’hier à
aujourd’hui, allaient pernicieusement se répandre des puissances européennes
aux Etats africains désormais libérés en passant par tous les continents pour
les plus grands malheurs de l’Homme.
Rassuré, j’ai franchi le pas; j’ai frappé à la porte du Temple et me
voici aujourd’hui devant vous pour prononcer une libation à la Patrie, à ma
Patrie.
Ma Patrie, c’est la Suisse, surtout Genève avec sa qualité de vie,
son charme discret, son ouverture, son humanisme. Mes racines plongent quelque
part entre Arve et Lac, dans un terreau fertile où sont nés, ont émigré, ont
travaillé des esprits créatifs, larges, sains et forts qui ont marqué de leur
empreinte l’humanité tout entière. Franc-Maçon, que j’ai choisi d’être, je suis
dès lors fier d’être Genevois et Suisse même si je le suis devenu, somme toute,
par hasard. Je suis fier que nos prédécesseurs soient parvenus, non sans
d’énormes difficultés, à concilier la Rome protestante et la Rome catholique ,
le patronat et les ouvriers , les villeset les campagnes, quatre langues nationales, enfin toutes les majorités,
toutes les minorités.
Est-ce réellement cette Patrie là que j’entends aujourd’hui mettre
en exergue? Non. Ce que j’entends salué ici ce soir ce n’est ni le passé, ni le
présent, aussi méritoires soient-ils, mais l’avenir. La FM a façonné la Suisse
des XIX ème et XX ème siècles. Quelle forge celle du XXI ème qui vient de
naître dans le chaos et l’anarchie. Que la FM s’avance, se remette à l'ouvrage,
affronte, mène le changement sans se replier sur elle-même. Quelle soit
vivante,habile. Que fondamentalement
universelle, elle consente à sortir plus souvent de ses murs. Qu’elle apporte
ainsi sa pierre bien taillée à la construction du Temple de l’humanité dont les
façades ne cessent de se lézarder sous les coups de boutoir virulents de tous
les intégrismes, de tous les nationalismes. C’est à cette FM, ma Patrie, que va
ma première libation.
Michel
P.
Saint-Jean
d'hiver, 15 décembre 2011
Frère de la loge Fidélité et Prudence à
l’Orient de Genève