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PlanchedeNotre Très cher Frère VisiteurNicolàs Muñoz de la Mata
L'ETHIQUE
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Code de conduite de l'honnête homme du XXIème siècle." L'éthique est soluble dans le temps " Jacques Testard, généticien. L'éthique est, pour tout un chacun, l'art de conduire sa vie. De sorte que, en accord avec sa conscience, il jalonne ses relations avec autrui et en conditionne les choix, tant matériels qu'idéologiques ou affectifs. Comme il ne s'agit pas d'un concept figé, cet art est à géométrie variable, car il est fait de préceptes, de choix, de règles et d'interdits qui dépendent de certaines options non rationnelles (en particulier religieuses. Par exemple l'adhésion ou non à la Charia). Il prend sa place entre " Le sentiment tragique de la vie " de Miguel de Unamuno et " Le mythe de Sisyphe " d'Albert Camus. La conscience, du côté précaire et éphémère de la vie, fortifie l'importance des choix existentiels. Lesquels se manifestent par des options éthiques. Ce sont sans doute eux qui donnent à l'Homme la force de tenter de s'élever au-dessus du terre-à-terre quotidien. Ce qui implique, à l'instar de Sisyphe, de pousser toute sa vie le rocher qui obstrue la voie qui conduit vers le haut. On imagine que le rocher symbolique représente toutes les adversités qui guettent l'humain. Depuis les problèmes de santé jusqu'aux aspects affectifs, en passant par ceux qui sont pécuniaires ou matériels. Mais, lorsqu'on a fait le choix de lutter, à l'abri du bouclier de l'éthique, cela doit conférer à l'homme une forme de quiétude et de sérénité. C'est ce que nous suggère Albert Camus, quand il nous dit qu'" Il faut imaginer Sisyphe heureux ". Après ces prolégomènes, nous allons essayer de scruter les arcanes de l'éthique. Puis examiner ses champs d'application dans la vie sociale quotidienne. In fine il serait utile de nous demander s'il existe une éthique maçonnique spécifique, et dans l'affirmative, quelles formes elle revêt. Commençons par les caractéristiques et les lignes de force de l'éthique, depuis que ce concept est apparu : Les mots sont, à l'évidence, des outils et des matériaux. Il convient donc de bien appréhender leur sens profond et leur dimension, pour mesurer ce que peut apporter leur usage. S'agissant de l'éthique, il convient de se référer à son étymologie. Ce terme procède du grec Ethiqué qui signifiait " les moeurs ". Il désigne un système moral fait d'exhortations à se conformer à des règles relatives au bien. Lesquelles sont considérées comme inconditionnellement et universellement valables. Ainsi définie, l'éthique porte autant sur la science que sur la morale. A son tour, celle-ci se décline en différentes morales religieuses. Dont chacune comporte ses interdits et ses commandements, pour étayer le Bien. L'autre versant de la morale porte sur tout ce qui conduit à étayer le Bien en étudiant sa nature, ses fondements et sa logique (cf. " Ethica " de Baruch Spinoza,) Dans son acception moderne, l'éthique se distingue a) du droit et du domaine juridique. Toute loi se veut morale et juste mais n'y parvient pas en totalité lors de son élaboration première et de sa promulgation. Ce qui, dans la pratique, conduit à des applications spécifiques, lorsque l'application de ladite loi manifeste ses imperfections lorsqu'elle doit être appliquée à des cas concrets. Ce sont ces adaptations qui constituent la jurisprudence. Celle-ci est imposée par la permanente évolution des mœurs, des techniques et des règles sociales. Ainsi que par des situations qui n'avaient pas été envisagées initialement. b) de la déontologie. Laquelle est constituée par un ensemble de règles régissant les pratiques d'une profession déterminée. C'est le cas de la médecine, traditionnellement régie par le Serment d'Hippocrate, faisant obligation au praticien de tout faire pour sauver la vie de son patient. c) de la conscience professionnelle qui n'est qu'une application, dans le cadre d'un métier déterminé, de la morale qui régit la vie de la personne considérée. d) de la morale. Laquelle est la science des Valeurs universelles qui transcendent le temps. On dit que " Le Droit décide, la morale commande, l'éthique recommande ". Il est prégnant que l'on se trouve dans le domaine des idées qui ne sont ni quantifiables ni univoques. Celles-ci, dont l'éthique constitue l'épine dorsale, évoluent comme les êtres vivants. C'est ainsi que l'on trouve, de nos jours, une référence constante aux Dix Commandements, sur les frontons des tribunaux américains. Cette référence biblique représente l'Alpha et l'Oméga de la justice des Etats-Unis. Ce qui est en contradiction avec les prémisses des anciens grecs, qui considéraient l'Ethique et la religion comme des éléments distincts n'ayant pas de rapports directs entre eux. Serait-ce que les religions, à commencer par les trois qui sont monothéistes et qui sont connues sous l'appellation de religions du livre, constitueraient les éléments fondateurs de l'éthique ? Celles-ci, sont, dans l'ordre chronologique de leur apparition dans l'histoire des hommes, le Judaïsme, puis la chrétienté et, enfin, l'Islam. Toutes trois se réclament d'un Dieu créateur. Le Talmud, la Bible et le Coran contiennent, respectivement, les dispositions éthiques qui règlent la vie des adeptes de ces trois religions. Celles-ci sont censées retracer les paroles du Créateur, leur message et leurs injonctions se rapportant à la vie humaine, pour la régler tant sur le plan religieux que civil. Est-ce donc là que se trouve le principe générique de l'éthique ? Comme dans tous les domaines de la pensée humaine, les avis varient d'un observateur à l'autre. Ainsi, pour J.P. Sartre " L'éthique bourgeoise ne dérive pas de la Providence : ses règlements universels et abstraits sont inscrits dans les choses ", tandis que, pour André Malraux " Le bouddhisme et le christianisme sont des religions éthiques plus que métaphysiques ". Entre les deux pôles ainsi évoqués, il est clair qu'il existe toute une palette d'éthiques qui ont des points dissemblables dans leurs prémisses ou dans leurs règles d'application. Mais toutes entendent conduire au Bien intrinsèque. Ce qui est certain, c'est que nous faisons tous de l'éthique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose…sans le savoir. Nous avons tous reçu en partage, dans nos familles respectives, des règles normatives. Puis, des choix, plus personnels, sont intervenus par la suite, lorsqu'il s'est agi d'échapper à un conformisme ambiant et d'agir en fonction de notre libre arbitre. Celui-ci nous conduit à opérer des choix entre les bonnes et les mauvaises actions. Ce qui implique des critères pour étayer les éléments de discrimination, discerner chacun des aspects de la situation examinée et prendre des engagements en conséquence. A défaut de procéder à cette stricte analyse de conformité entre l'action et l'éthique, on peut être conduit à une situation schizophrénique et à se parer des oripeaux de la vertu, tout en ayant une attitude constestable. La vie place chacun de nous devant une kyrielle de choix, souvent difficiles, dans la mesure où ils génèrent des oppositions et des perturbations de notre quiétude. Mais, peut-on se contenter d'invoquer la crise, le marché, la nature, les gens, l'Etat, la nécessité, pour consentir à se soumettre à des évidences supposées ? Doit-on prendre en charge la solution des problèmes d'autrui, plutôt que de l'aider à assumer lui-même ses responsabilités ? Peut-on exercer une ferme autorité lorsqu'on se heurte à l'insatisfaction ou à la critique ? Faut-il laisser faire ce que l'on juge préjudiciable, sous prétexte de ne pas porter atteinte à la liberté d'autrui ? L'éducation, les responsabilités dans le cadre des entreprises ou celui des activités professionnelles et sociales sont jalonnées par des sanctions éthiques. Il en est de même dans les domaines d'application de la technologie et des sciences. Dans la célèbre admonestation de Rabelais, " science sans conscience n'est que ruine de l'âme ", il est clair que la conscience est l'épicentre de l'éthique. Toutes les situations ci-dessus évoquées pourraient être évaluées à l'aune des contractualistes célèbres, depuis Hobbes et Kant jusqu'à Rousseau, mais aussi à celle de l'utilitarisme de John Rawls. Car il est certain que l'éthique revêt des formes différentes, mais non antagoniques, suivant le terreau culturel d'où elle est issue. Celle qui a longtemps été la plus répandue, en Occident, est l'éthique judéo-chrétienne. Actuellement, l'éthique islamique est en pleine expansion, en dépit de la mauvaise image que lui ont conférée les émules de Ben Laden. Avec cinq millions d'adeptes, l'Islam est devenu, par exemple, la seconde religion de France. A l'instar de la Juive et de la Chrétienne, elle propose à ses fidèles une éthique que les philosophes qualifient d'hétéronome, par opposition aux éthiques autonomes. Les trois religions monothéistes présentent, outre un certain syncrétisme, des règles tirées de leur respectif livre sacré (Talmud, Bible, Coran). Celles-ci ne permettent pas à ceux qui les appliquent de les adapter selon leurs critères personnels. D'autant que ce sont les rabbis, les curés ou les imams qui livrent à leurs ouailles les exégèses qu'ils leur destinent. Il s'ajoute à ces vulgates verbales les interprétations qu'en font les éducateurs ou les parents, souvent doués d'un charisme convaincant. Ce qui est certain, c'est que, même les individus areligieux ou agnostiques sont culturellement imprégnés par les dispositions morales judéo-chrétiennes, voire, aujourd'hui, musulmanes. Aussi est-il important d'inventorier les grands modèles éthiques qui régissent notre monde occidental: I- En premier lieu, les systèmes hétéronomes, déjà évoqués. Ils prennent appui sur les religions, dites du livre, par référence au Talmud, à la Bible et au Coran. Lesquels sont respectivement les " livres sacrés " des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans. Les prescriptions qu'ils comportent ont l'avantage de ne pas demander d'efforts à ses adeptes. Il suffit d'adhérer. L'adepte peut s'en tenir à une attitude de soumission aux dogmes et adopter le système éthique qu'ils génèrent. II- Viennent en suite les systèmes hérités de l'Antiquité. Ils sont dits Epicuriens ou Hédonistes. Leur premier attrait, là encore, c'est la simplicité. Celle-ci est étayée par la satisfaction des appétits de plaisirs et un mode de vie en harmonie avec la nature. Cependant, ces systèmes peuvent donner à leurs analystes la sensation de manquer de profondeur. Par ailleurs, ils n'apportent pas de réponse à d'éventuelles préoccupations métaphysiques de leurs adeptes. Par contre, ce système ne peut être propagé de manière hétéronome. Quiconque y adhère de nos jours le fait parce que cela correspond à sa nature. Laquelle peut lui avoir été révélée par des écrivains qui ont loué la valeur du plaisir, tel que le truculent Rabelais ou magnifié le sexe, comme Henry Miller. III- Système basé sur les Vertus. Lequel présente l'avantage d'être autonome, puisque, si on le choisit, c'est en fonction de critères personnels, de ses propres tendances, de ses intuitions ou d'une analyse personnelle. La notion même de vertu varie suivant la culture de tout un chacun, puisqu'il s'est répandu à travers le monde depuis que son concepteur, Marc-Aurèle l'a exposé dans ses " Pensées ". IV- Système Utilitariste. Il présente au moins deux avantages. Sa simplicité d'abord, mais aussi sa compatibilité avec d'autres systèmes. Ce système est essentiellement britannique puisque ses deux principaux théoriciens sont John Stuart Mill, avec notamment son ouvrage " Utilitarism " et John Rawls, qui a écrit " Théorie de la Justice ". V- Système basé sur le Devoir : Non seulement il peut se conjuguer avec un système hétéronome, souvent hérité de la famille, mais il convient aux esprits rationalistes. Il devrait rallier les suffrages des Francs-Maçons soucieux de faire évoluer la société dans un sens humaniste. Certes ce système est complexe et il implique des remises en question permanentes. Ne fût-ce que pour les FF :. qui se réclament à la fois de l'humanisme et du Grand Architecte de l'Univers. Ce qui implique de tenir compte de ce que notre galaxie, la Voie Lactée, dont fait partie notre planète, existe depuis quatre milliards d'années. Ainsi que du fait que la vie ait commencé sous forme de cellules monocellulaires. Et par ailleurs de toute la problématique existentielle de l'homme, ainsi que de ses éventuels prolongements eschatologiques. Le penseur qui a fourni les bases de ce système est Emmanuel Kant, dans son ouvrage " Métaphysique des mœurs ". En effet, ce qui est essentiel, pour Kant, c'est d'agir en fonction de son devoir. Pour cela il propose les principes suivants : 1- N'agis en fonction d'un principe que s'il est tel que tu souhaites qu'il devienne une loi générale. 2- Agis comme si le principe qui guide ton action devait devenir une loi naturelle générale. 3- Agis de telle manière que l'humanité (dont toi-même) soit une fin pour toi une fin en soi et non un moyen. 4- N'agis que selon des principes dont tu souhaiterais qu'ils soient suivis par tous. Notons que l'utilitarisme est très british par sa simplicité de formulation. Il se conjugue avec l'hédonisme et l'épicurisme puisqu'il vise pareillement à atteindre le maximum de bonheur. Constatons que les champs où s'exerce telle ou telle forme d'éthique, dans le contexte d'aujourd'hui, se différencie de la morale par 1- Le libre choix individuel qui fait que chacun adopte des principes conformes à son concept du bien et du mal. On pourra se reporter à Bergson (Les deux sources de la morale et de la religion) dans lequel il oppose les concepts fermés et ceux qui émanent librement de soi. " La vrai morale se moque de la morale " a dit Pascal. La véritable éthique doit échapper aux aspects conventionnels dont nous imprègne le milieu social dans lequel nous évoluons. Elle devrait résulter de choix effectués après une analyse personnelle. 2- L'aspect scientifique de l'éthique est supérieur à celui de la morale. Elle n'est pas seulement fondée sur la Révélation, comme la religion. Ni seulement sur la Raison, comme la philosophie. L'éthique résulte de paramètres plus complets, qui relèvent des sciences humaines : La sociologie, la psychologie, l'anthropologie, l'épistémologie et le droit (on devrait même se référer au droit comparé) 3- Une série d'éthiques " en kit " De nos jours, nous nous trouvons face à une série d'éthiques sectorielles. Chaque personne constitue sa propre éthique en adoptant une série de ces " éthiques à aire d'application limitée ". C'est ainsi qu'une bioéthique et une éthique écologique s'installe de préférence dans les jeunes générations. Il existe une éthique biomédicale (distincte de la déontologie professionnelle), une éthique de la guerre, une éthique des entreprises et une éthique de la Bourse. On peut donc écarter plusieurs de ces éthiques sectorielles et en adopter d'autres. La plupart d'entre elles ont fait l'objet de codifications officielles (Déclaration des droits de l'homme, code de Nuremberg 1947, conférence européenne de 87, etc). Et si nous débattions de ce que sont les éthiques sectorielles…et de l'éthique en général? C'est une bonne initiative que d'inciter une société de pensée telle que la nôtre à analyser les différentes formes d'éthique, à débattre de leur bien-fondé et des amendements éventuels qu'il serait bon d'envisager. Débattre suppose, en premier lieu, les identifier, les analyser contradictoirement (dans le sens juridique du terme) Dans ce but, considérons tour à tour l'éthique à travers A- Le prisme confessionnel. C'est sous nom de morale que les grandes religions connues transmettent l'éthique de conviction. Les opposants à cette forme d'éthique -parce qu'ils préfèrent l'éthique de responsabilité-, auront beau jeu à citer Frederich Nietzsche. Lequel disait que " le pire ennemi de la vérité n'est pas le mensonge, mais les convictions " Le type même d'éthique confessionnelle est la casuistique, qui a été mise au point par les jésuites. Il s'agit de " moments de réflexion sur les conflits de valeur ". Autrement dit, de recourir à la raison et au christianisme pour résoudre les cas de conscience. A ce propos, rappelons que, pour JJ Rousseau, " Le meilleur de tous les casuistes est la conscience ". Ce prisme s'exerce sur le Judaïsme. La Torah, donnée par Jéhovah à Moïse sur le Mont Sinaï, régit la vie du peuple d'Israël à travers 613 mitzvots (commandements). La plupart de ces prescriptions, en commençant par le Décalogue, bien sûr, comportent des valeurs universelles de compassion, de justice sociale. Il semble que la plupart des exégèses de l'Ancien Testament relèvent que l'essentiel du message est le commandement d'amour du prochain. Le Talmud de Babylone (traité Sabbath 31 A) rapporte l'histoire d'un païen qui, rencontrant Hillel l'Ancien (75 ans avant JC) lui dit : " convertis-moi tandis que je me tien sur un pied ". Ce à quoi Hillel répondit : " ce que tu n'aimes pas, ne le fais pas à ton prochain " puis il ajouta :" là est toute la Loi ; tout le reste est commentaire ; et maintenant va apprendre ". -Sur la Chrétienté. Un chrétien moderne, même s'il remet en cause quelques aspects du dogme qui lui paraissent obsolète estime que "Dieu écrit droit avec des lignes courbes". Le fondement de la foi réside dans l'amour du Créateur (Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu "…Deutéronome 6-5) et l'amour de ses Créatures (Tu aimeras ton prochain comme toi-même "…Lévitique 19-18. La prégnance de la morale chrétienne n'a pas disparu malgré la Réforme, ni l'évolution des mœurs. -Sur l'Islam. Les médias ne mettent en relief que les aspects indignes de la Charia. Lesquels, il est vrai permettent à ceux qui s’en réclament, de condamner à mort par lapidation une femme convaincue d'adultère. Ainsi que de faire amputer d'une main le moindre petit voleur. Il faut par ailleurs savoir que le mot 'ilm (connaissance, savoir) est mentionné 80 fois dans le Coran. Il est étayé par le terme ‘aql (raison). La plupart des recueils de hadiths comportent un chapitre sur la connaissance et plus d'une centaine de hadiths exhortent le croyant à acquérir du savoir pour mieux agir. " Dis : Apportez votre preuve si vous dites la vérité " Sourate 27, An-Nami (Les fourmis) verset 64. " Interroge donc celui qui est bien informé " Sourate 25, Al-Furqane (Le discernement) verset 59. Ajoutons que la zadak impôt musulman obligatoire permet d'accumuler des sommes très importantes (4,5 millions d'Euros en Grande-Bretagne, où se sont créées 50 banques islamiques) en principe destiné à secourir les musulmans nécessiteux. B- Le prisme philosophique. Si l'éthique entre dans le cadre de la philosophie morale et de l'épistémologie, les philosophes s'intéressent aux éthiques qui relèvent de la vie pratique. Il convient de distinguer ce que la morale considère comme obligatoire (en se référant à l'héritage kantien de l'impératif obligatoire) et l'éthique tenant à l'héritage aristotélicien de la visée téléologique de la vie bonne. Le philosophe Paul Ricoeur réserve le " terme d'éthique pour tout le questionnement qui précède l'introduction de l'idée de loi morale et désigne par morale tout ce qui dans l'ordre du bien et du mal se rapporte à des lois, des normes, des impératifs ". De son côté, J. P. Changeux est favorable à une éthique pragmatique comme une "morale de l'action " ou " morale à petit pas ". Une éthique de responsabilité et non plus une éthique de conviction idéologique. C- Le prisme juridique. L'éthique est une sorte de jurisprudence préalable, qui permet à tout un chacun d'adopter des règles de vie en accord non seulement avec le Code des Obligations*, mais aussi avec tout ce qui est en accord avec le cœur et l'intelligence. Les règles juridiques qui règlent les rapports entre les citoyens droits. C'est ce qui génère la jurisprudence, qui est une sorte de réajustement a) Les relations entre les justiciables, les tribunaux et les " adjoints de justice " que sont les avocats sont la source de bien de frustrations. Il suffit d'évoquer, par exemple, des cas de divorce pour qu'apparaissent bien des mises en cause de l'éthique qui devrait régir plus qu'aucune autre les avocats du barreau. La vérité est que cette profession ne comporte certainement pas plus de membres de moralité douteuse que les autres. Il se pourrait même que les défaillances éthiques y soient l'exception. Mais son activité a souvent un effet décisif dans le destin de beaucoup de personnes. Ce pourquoi elle se doit d'être particulièrement attentive à l'observation de ses règles déontologiques. b) L'aspect juridique intervient pour sanctionner les nombreux manquements à l'éthique dans le domaine des affaires, de la science, de la technologie, de la sociologie et de l'environnement. D- Le prisme politique. Les personnes qui " descendent dans l'arène politique*, se consacrent, bien entendu, à convaincre le peuple et que leur programme est le meilleur. Puis à persuader le public qu'ils ont une activité conforme à leurs promesses, qu'ils sont probes et, en un mot, qu'ils sont exigeants, vis-à-vis d'eux-mêmes, sur le plan de l'éthique. C'est sans doute dans le domaine politique que devrait se situer l'Ethique de l'énergie. La production et la consommation énergétiques posent de graves problèmes, dont la résolution, tant sur le plan de la gestion que de l'anticipation des problèmes nécessite une profonde réflexion éthique. C'est encore dans le domaine qui relève des options politiques que se situe l'Ethique de l'eau douce. L'utilisation des ressources en eau douce pose de nombreux problèmes, dont la résolution nécessite une profonde réflexion éthique. La question des ressources hydrauliques renouvelables se révèle d'une importance cruciale pour l'humanité. La possession de l'eau, par exemple au Moyen-Orient, est un des enjeux essentiels de l'affrontement entre Israël et plusieurs pays arabes. E- Le prisme médical. C'est dans le domaine de la santé et de la bioéthique que se situent, peut-être, la plus grande quantité de remises en question de l'éthique traditionnelle. Par exemple en ce qui concerne la fécondation in vitro ; celui de la manipulation génétique, de l'eugénisme, de l'euthanasie ou celui du rationnement des médicaments. F- le prisme industriel. Ce concept est celui des utilitaristes anglo-saxons, l' "ethics pay". Le premier résultat est que l'éthique devient rentable. Le code de bonne conduite engendre respect et confiance. Le respect de la parole donnée, de la qualité du service ou de l'objet, cela rapporte. L'éthique partenariale devrait régler les relations entre fournisseurs et clients. Elle devrait, en prime, conduire à la considération des employés de l'entreprise qui observe cette éthique. L'éthique et l'évaluation du monde. Le monde actuel connaît un double mouvement de mondialisation et de fragmentation. Il est façonné, dans le même temps, par les progrès scientifiques et des technologies. Ces multiples forces requièrent de nouveaux repères. La communauté internationale doit parvenir à saisir les enjeux éthiques et les possibilités d'action pour les préserver. Il y a lieu d'envisager, aujourd'hui, l'éthique de l'espace extra-atmosphérique. Le but principal de l'éthique de l'espace est de se rappeler de la condition de l'être humain et de donner une réponse à l'anxiété de l'opinion publique, par une approche objective et indépendante, qui puisse éviter toutes les attitudes émotionnelles extrêmes. L'éthique doit régir en particulier, le domaine de la communication. Le développement de l'information à travers, notamment, de l'Internet, impose plus que jamais une éthique très stricte et basée sur des connaissances approfondies des subtilités informatiques. Il n'est pour s'en convaincre que de penser aux marchés pédophiles, aux publicités racistes et nazies qui sont diffusées sur le net, à partir de serveurs " offshores ". Au terme de cette tentative d'inventaire de l'éthique il apparaît d'une part qu'elle est, à travers le temps et l'espace, protéiforme. Elle justifie le jugement, voire l'opprobre, mais aussi l'éloge d'autrui. La valeur de l'éthique dépend de l'ouverture d'esprit de ceux dont elle constitue un guide psychologique, ainsi que de leur prise en compte de la subjectivité de leur position. Laquelle l'emporte à priori sur l'aspect réellement cognitif. L'éthique n'en constitue pas moins le ciment idéologique indispensable pour le maintien de la cohésion sociale. Pour qu'elle serve ainsi de soubassement au civisme, elle doit faire l'objet d'une libre adhésion. Car, si elle était perçue comme une forme de conformisme de façade, le citoyen s'en écarterait en considérant qu'elle est ce que Nietzsche pensait de la morale, à savoir, "une invention des faibles pour asservir les forts" ? Nous voici parvenus au stade où il convient de se demander s'il existe une l'éthique maçonnique. Après avoir présenté aux FF :. d’une R :.L :. ce canevas de réflexion sur l’éthique, je retiens l’essentiel des échanges qu’il a suscité : Il semble établi que le F:. M:. vise à être un citoyen du monde. A ce titre, il doit avoir une éthique personnelle transparente et sans faille. Comme le F :. M :. est un être attaché à l'humanisme et à la défense des Droits de l'Homme, il n'adopte pas une éthique hétéronome. Laquelle, si elle existait dans nos Ateliers, serait un dogme maçonnique. L'éthique du F :. M :. est composée de plusieurs éthiques sectorielles suivant les options de chaque F :. M :. Dans cette fratrie d'élection, chaque maillon est semblable et différent de l'autre. Chaque F :. est attaché à ses propres convictions politiques ou religieuses et, dans le même temps, rejoint les autres membres de sa loge dans une éthique commune. Celle-ci rejette les idéologies perverties telles que le racisme, le fascisme et le nazisme. Chaque F:. utilise, mentalement, les symboles qui matérialisent l'éthique qui est le fondement même de la F :. M :. Ils lui rappellent qu'il doit respecter la parole qu'il a donnée le jour où il a reçu la Lumière, et se conduire vis-à-vis de ses FF :. et de la société avec droiture et probité.
* Code civil Suisse, amplement inspiré du Code Napoléon. Nicolàs Muñoz de la Mata Frère visiteur assidu de la Loge Fidélité et Prudence à l'Orient de GenèveCommentaires et réflexionssur le texte ci-dessusLa parole est maintenant sur les colonnes virtuelles : 1- Toi qui viens de lire ma planche, veux-tu faire part à nos SS :. et FF :. de ta manière de concevoir l’éthique ? 2- Tu peux « déconstruire » ce que j’ai tracé, en reprendre telle ou telle partie, contester certaines de mes affirmations et apporter tes propres démonstrations. 3- Demandes-toi si tu as déjà éprouvé « le sentiment tragique de la vie » tel que l’a décrit Miguel de Unamuno. Essaye d’aborder avec cette donnée existentielle en te souvenant de ce qu’en a dit un humoriste : « La vie est une maladie mortelle, sexuellement transmissible ». 4- « Il faut imaginer Sisyphe heureux » L’éthique, n’est-ce pas l’intime récompense de tout Sisyphe-Maçon qui sait que la pierre qu’il va polir toute sa vie ne trouvera jamais sa place dans un Temple idéal…et utopique ? 5- Connais-tu « Ethica » de Baruch Spinoza ? Si c’est le cas, qu’qu'en penses-tu ? 6- Quelles passerelles voies-tu entre l’éthique
7- Bergson considère que la morale et la religion sont les deux sources de l’éthique. Et toi, quelle importance accordes-tu aux systèmes éthiques hétéronomes ? Considères-tu que les trois religions monothéistes sont fondatrices de la morale. Est-ce que celle-ci ne peut s’épanouir dans un autre contexte (laïque, bouddhiste, animiste, etc) 8- « L’éthique bourgeoise -dit Jean-Paul Sartre- ne dérive pas de la Providence : ses règlements universels et abstraits sont inscrits dans les choses » Quels arguments pourrais-tu apporter pour souscrire à cette pensée ou démontrer qu’elle n’est pas fondée ? 9- André Malraux considère que « bouddhisme et christianisme sont des religions éthiques plus que métaphysiques ». Quelle est ta propre évaluation ? Quels en sont les motifs ? 10- Quelle importance accordes-tu au système utilitariste de John Mille et à la « Théorie de la Justice » de John Rawls ? Ne s’agit-t-il pas là de la forme d’éthique la plus adaptée au monde contemporain ? 11- Est-ce que, pour régler harmonieusement ta vie, tu ne pourrais composer ton « menu éthique » personnel en puisant dans « La Métaphysique des mœurs », d’Emmanuel Kant ? 12- Et si, finalement, Blaise Pascal nous ramenait vers des règles de vie simples, lui qui nous dit que « La vraie morale se moque de la morale » ? A toi, ma S :. ou mon F :. de te manifester pour que cette page devienne interactive !
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