![]()
PlancheduFrère Orateurle 11 décembre 2003
|
L’alchimieV:. M:., dignitaires qui décorés l’O:. , vous tous mes TT:. CC:. FF:. en vos grades et qualités, et toi mon T:. C:. nouveau F:. c’est à toi que je m’adresse plus particulièrement ce soir. Ce soir tu as osé frappé à la Porte de notre temple et la porte te fut ouverte. Sans doute parce que nous avons su percevoir au fond de toi, au fond de ton cœur, au fond de ton âme, quelque chose qui méritait d’être modifié, d’être modelé, d’être transmuté. Tout à l’heure, dans le cabinet de réflexion tu as lu et peut-être épelé ces 7 lettres que composent le mot V.I.T.R.I.O.L. Elle signifie dans la tradition alchimique et hermétiste: Visitare lnteriora Terrare, Rectificandoque, Invenies Occultum Lapidem soit en français: Visite l’intérieur de la terre et en la rectifiant tu trouveras la pierre occulte, ou cachée. Ce soir mon T :. F :. , toi le retraité, tu vas devoir prendre de nouveaux outils et apprendre un nouveau métier. Sans même t’en rendre compte, tu es devenu un alchimiste. C’est donc d’alchimie dont je vais vous parler. L'AlchimieSi l’alchimie se réclame de l’Egypte, on ne peut oublier que les premiers alchimistes connus en Occident, comme Comarios ou Bobs de Mendès (lIe ou 111e siècle av. J-C.), étaient en effet des Egyptiens ou des Greco-Egyptiens de l’époque hellénistique, et que c’est à Alexandrie que l’alchimie s’est constituée sous la forme que nous lui connaissons aujourd’hui. Elle s’est ensuite très vite placée sous l’invocation d’Hermès Trismégiste, Hermès le trois fois grand, qui est le résultat du syncrétisme entre l’Hermès grec et l’ancien dieu égyptien Thot. Transmise aux Arabes et aux Persans, avant de gagner, au Moyen Âge, la chrétienté. Conçue comme une doctrine de salut qui passait par la manipulation des éléments, mais aussi par la méditation (l’association y est toujours présente, fût-ce d’une manière implicite, entre l’oratoire et le laboratoire), l’alchimie connaît son apogée en Europe avec Paracelse (1493-1 541), puis avec son élève Gérard Dom (seconde moitié du XVIe siècle). La liaison avec l’astrologie y est clairement affirmée, à partir de la découverte faite par l’homme du secret intérieur où se réconcilie sa condition naturelle et son essence spirituelle. L’alchimie est encore une des occupations principales du grand savant Isaac Newton (1642-1727), l’inventeur de la gravitation universelle, qui y trouve en partie le fondement et l’illustration de cette idée. Il existe par ailleurs une très riche alchimie chinoise, particulièrement taoïste, qui cherche à définir, pour reprendre la formule d’André Breton, « un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas, cessent d’être perçus contradictoirement », point extrême où se rassemblent er se ressemblent les contraires et où il est possible d'accéder à son corps de lumière. C'est alors la rentrée dans le Tao, dans "la Mère des dix milles choses", où comme l'écrit Peng Xiao, le moment où "on a parfait sa forme corporelle pour entrer dans le Sans-forme". Autrement dit, on est devenu immortel en sortant de la spère du yin ( le féminin) et du yang (le masculin), et en unissant le plomb noir (yin et l'esence de l'Un) avec le grand yang pour donner le cinabre ( en minéralogie, le sulfure rouge du mercure) : on a "purifié la non-existence merveilleuse qui est dans l'existence véritable" L’alchimie et l’initiation ont en commun une volonté de retour à l’âge d’or. Âge mythique par excellence, réputé antérieur à l’ère historique, où l’humanité vivait à proximité du monde divin et disposait d’un grand savoir. L’idée de Chute, qui hante diverses théogonies, accrédite et justifie la perte de cet âge idéal et la retombée dans l’âge d’argent, puis dans ceux du cuivre et du fer. Ce dernier étant, paraît-il, l’âge actuel. Cela relève bien sûr, de l’imaginaire religieux qui permet à l’humanité de faire psychiquement face aux divers aléas rencontrés sur le parcours où elle s’est inéluctablement engagée depuis la nuit des temps. Mais peut-être que l’imaginaire pur (libre) pourrait offrir une voie exploratoire plus sérieuse du mystère de l’âme et de l’esprit qui nous animent. Pour évoquer (ou apprendre) l’alchimie, il faut d’abord connaître la chimie. C’est-à-dire -dans sa transposition initiatique - reconnaître les éléments du savoir essentiel d’une époque donnée (plutôt que ses modalités de vie qui ne sont qu’une forme temporelle). C’est en ce sens que la connaissance de la fonction des métaux est nécessaire. Il faut être une sorte « d’entomologiste » de la vie dans ses divers aspects, tant internes qu’externes. Il semble bien que les métaux soient la nourriture de l’athanor naturel que nous portons en nous-mêmes Certains ouvrages traitant de l’alchimie, disent que le processus de perfectionnement de la materia prima, pour passer des caractéristiques du fer à celles de l’or, s’opérerait comme suit : fer - cuivre – plomb – étain – mercur e – argent - or. Il s’agit là, semble-t-il, d’une convention symbolique. En revanche, ce n’est vraisemblablement pas un hasard si les métaux cités sont au nombre de sept. L’idée de perfection attachée à ce Nombre renforce la notion de perfectibilité de l’être. La pratique alchimique tendant à introduire quelques éléments multiples (eau de pluie, de rosée, rayons de lune, permanence de la nature) nous conduit à penser à la grande dimension à atteindre dans cette vie : le mariage. Soit, cette capacité de l’arche d’alliance avec le divin en nous. L’esprit lie ce qui est séparé. Il y a là un effet de rassemblement, de dépouillement, puis de mariage. Il faut mélanger les métaux avec l’essence des choses déduites de la vie matérielle et spirituelle. Ainsi chaque fois que l’on évoque les métaux, il convient d’accoler à cet état symbolique la recherche d’harmonie et de qualité. L’alchimie est certainement la science la plus subtile puisque liée à la transmutation de l’être, donc au mystère de la vie. Il est dès lors indispensable de savoir réhabiliter les métaux et, plutôt que de les repousser, il faut impérativement s’en servir, Il faut favoriser la quête de ces métaux avant tout autre travail. Notre quotidien y incite, et cette “pêche”, plus ou moins miraculeuse, est dirigée vers le but de la transmutation De la sorte que les métaux incitent à l’expérience. Et l’expérimentation est le contraire du dogme, ce frein que « les religions théologiques » ont engendré pour arrêter le libre processus alchimique qui s’accomplit dans l’être. L’or est symboliquement considéré comme un aboutissement du processus de perfectionnement de l’être pour les raisons suivantes. Tout d’abord, il est associé au soleil, cette étoile, flamboyante, sans laquelle la vie sur terre serait inexistante. Par sa représentation symbolique : un cercle au centre duquel figure un point central, il s’assimile à l’état d’être le plus parfait. Ce même signe est l’hiéroglyphe de Rê - la divinité solaire égyptienne. Il convient d’étudier également I’hiéroglyphe de l’or, il se lit neb ou noub. Il signifie aussi Maître. En observant sa représentation on peut aussi imaginer qu’il s’agit d’une sorte de batte, placée horizontalement, faite de roseaux ligaturés, qui laissent échapper l’eau et retient le précieux métal dans sa corbeille. Les gouttes qui semblent s’écouler au-dessous représentent les larmes d’lsis. Peut-être a-t-elle usé de cet instrument pour rechercher les parties dispersées du corps d’Osiris, dont l’immortalité peut-être associée à l’incorruptibilité de l’or? En définitive, il est difficile de dire ce qu’est exactement l’alchimie. Car, curieusement, cette aurification vers laquelle elle tend ne peut-être constatée. Aucun métal d’or ne peut apparaître, hormis celui qui est intuitivement perçu dans, et par les noces des métaux et qui incite au travail de sublimation de l’être. La purification, c’est la simplification. C’est pourquoi le résultat d’un travail alchimique n’est pas communicable, Il reste le résultat d’un travail secret effectué à l’abri. Il est comme la lumière sous le boisseau. Un des aspects évocateurs du travail alchimique est de passer des ténèbres (métaux-multiplicité) à la lumière (unité). En ce sens les mutations successives de l’Oeuvre semblent symboliquement contenues dans les trois couleurs : noir, blanc, rouge. Le noir est la phase de la putréfaction de la materia prima. Soit la préparation à la mort ouvrant la voie de b renaissance. Le blanc est la phase de la purification ouvrant la voie vers la pierre philosophale. Le rouge est la phase ultime de la conduite du feu ouvrant la voie vers l’or spirituel, c’est-à-dire la pleine réception de la lumière et de l’unité. C’est un des sens de la quête que propose l’alchimie. Le chemin est indiqué, Il faut aller du labyrinthe au tamis, démarche qui est semblable au passage de la porte du temple, à l’assimilation de l’être par l’unité inconnaissable, c’est-à-dire sa disparition dans le mystère du Mystère. Mon T:. C:. nouveau F:. ..., après avoir Osé frapper à la porte du temple, tu vas devoir maintenant et durant ton apprentissage Observer et Méditer. Oui, c’est le fameux OOM que je préconise à chaque apprenti, Oser, Observer, Méditer. OM, c’est aussi dans la tradition Brahmanique le présent, le passé et le futur. C’est, dit Mândûkya-Upanishad, le monde entier dans une syllabe, et c’est même encore ce qui peut exister en dehors de ce ces trois temps. Ce mot se décompose en plusieurs parties formant plusieurs sons. Ces sons symboliseraient les êtres et les choses les plus diverses: les heures du jour, les Vedas, les trois dieux, Brahmâ, Vishnou, Shiva, etc. OOM, Oser, Observer, Méditer... ce sont ces trois lettres inscrites dans une même syllabe, trois mots qui incitent au voyage alchimique... Un très grand sage tibétain a dit un jour que vingt mille lieues commencent par un premier pas. Sache mon T:. :C:. F:. que pour un F:. M:. il n’y a pas que vingt mille lieues à parcourir et, que s’il y a un point de départ, n’y a pas de point d’arrivée.., le chemin est sans fin... Bon voyage F:. Alchimiste! Jean-Claude v. L.
[Accueil][Art royal][Connais-toi toi-même][Reconnaissance][Source d'inspiration][Remerciement][L'acte de méditation][Le miroir][L'alchimie][La logique][3,5,7 ans][le seuil][La méthode][Le pavé][Planche de l'Orateur d'une Loge éphémère][L'Orient][L'arbre et le fruit][Le labyrinthe][Les outils et le métier][La mort du vieil homme][Les rois de coeur][Chemin de vie][Un contrat][Instruction][Les symboles][L’instruction maçonnique][Le symbolisme][Les trois voyages][Les rites][Etre aimé][Mort du vieil homme][Le Néophyte][La matrice][La paix][En avant, ensemble][L'enthousiasme poétique...][le bandeau][La mémoire et la musique][La pierre cubique][Sois][La naissance][Le préjugé][La laïcité][Fraternité féminine][Droits et devoirs][Pierre philosophale][Le doute][L'Initié][La lumière du Maître][Le pacte de la fraternité][L'écran de pensée][Planche du Frère Orateur les 23 et 30 octobre 2008][le Milieu et le Centre][L'engagement politique][L'absence][L'intérêt général][Planches avril et mai 2009][Planche septembre 2009][Planche décembre 2009][Planches 1er trim 2010][Vers quelle immortalité]
Tous les droits de reproduction et d'utilisation sont autorisés avec mention de la référenceCopyright © 2001. Fidélité et Prudence |