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PlancheduFrère Orateurà l'occasion de l'initiation de N:. T:. C:. F:. Rémy M.9 juin 2005
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La Mort du vieil hommeEn maçonnerie la première des épreuves imposées au candidat, et dont mon T:. C:. F:. Rémy tu sors à peine, celle du Cabinet de Réflexion qui pour le récipiendaire peut paraître comme une farce macabre qui n’aurait d’initiatique qu’un manque grossier du respect que chacun doit à la Mort. Si le M:. des Cérém:. a disposé avec sérieux l’étrange mobilier, principalement une cruche d’eau, un pain et un crâne, dans le tombeau où tu as séjourné, c’est que sans doute ces objets sont chacun une clef du Mystère initiatique. C’est qu’ils proposent au candidat les signes d'une vérité connue bien que rarement méditée, une vérité qui déjà l’enveloppait sans qu’il s'en fût aperçu, comme cet air que nul ne voit et que pourtant chacun respire. L’eau don de l’Univers à la Vie.L’eau est bien en soi comme un reflet de la Vie existentielle, de ses actes réussis comme de ses actes manqués, de sa fin inévitable et de son éternelle renaissance. Puis c’est la goutte vierge chargée de Force attractive, tombant vers son rôle : combattre pour dissoudre les sels de la Terre et créer, sous l’appel de la Lumière, la Forme ingénieuse et complexe où pulse la Vie, comme l’Esprit dans l’élan de ses fantastiques aspirations façonne l’irréalité avec le corps du réel. Comme l’Esprit a ses jaillissements, ses éclats, ses arrêts, ses ordures, l’eau a ses sources, ses bouillonnements, ses ruisseaux, ses gels et ses égouts. Puis salée à merci telle une Vie désabusée, usée comme l’existence qui ne peut plus dissoudre les faits, la voici revenue dans la grande fosse commune où se régénèrent les forces de la Forme, la grande Mer sépulcre et berceau. Qui peut donc s’étonner, que Jean le Baptiste, M:. de la Grande Lum:.Universelle, ait initié Jahvé à sa réalité d’homme par un baptême d’eau ? Phase initiatique millénaire en usage de toute Antiquité, tellement l’eau, premier miroir des êtres et premier constituant, elle représente les trois-quarts de notre poids, est véhicule de Vie avant, dans, et après la Forme. Dans le lieu misérable que tu connais, l’eau figurait l’être dépouillé et sans Forme par lequel le vieil homme que tu étais dû passer pour devenir l’homme neuf, l’initié. Et comme en science initiatique mon F\, rien ne peut s’acheter, se vendre, ni même se donner au sens du mot cession, c’est bien l’eau qui convient à ce symbole, l’eau pure solvant universelle, seul chemin cheminant que la Vie peut suivre dans l’aventure de la Forme. L’eau pure mais noire des profondeurs, car tout « naît dans le noir », ainsi que le dit Hermès. L’acte de prise de Forme est un acte caché ; toute matrice est hermétique dès le prime instant de sa fécondation, et c’est dans l’obscur Cabinet de Réflexion que s’ébauche l’initié avant de paraître à la Lum:.. Tous les initiés du monde ont suivi cette filière et c’est dans la profondeur du tombeau que Jahvé a trouvé son corps glorieux. La Forme naissante, structure fragile, ne peut vivre de clarté avant d’avoir pris racine dans la terre noire, la matière de notre corps à nous. La Vie dans la matière exige un régime particulier en ses différents stades d’exaltations et les pythagoriciens, nos pères spirituels, disaient avec sagesse : « Chevreau, il te faut du lait ». Ainsi s’explique le pain préparé pour ton aventure.Aux antiques mystères de Cybèle – déesse de la Terre – l’acte essentiel d’initiation était le repas sacré où le pain était offert dans le Tambourin et le vin dans la Cymbale – deux instruments par lesquels l’Esprit s’exprime comme la Parole – car Cybèle produisait « le blé et le raisin qui substantent les hommes ». Le pain, comme le vin, tient de la Terre et du Soleil, mais aussi de l’art et de la ténacité de l’agriculteur, du meunier et du boulanger. Liaison de la Terre et du Ciel par l’homme, il est par excellence, la nourriture de l’initié à la fois fin de l’homme et fin de Dieu, c’est-à-dire matière et Esprit ; Yahvé la multiplié et appelé « pain de Vie ». Dans ce Temple de Salomon qu’un initié a construit, le pain de proposition était azyme, c’est-à-dire sans levain, tant on voulait qu’il fût « pain de Vie » au sens spirituel, sincère trinité – matière – volonté humaine – lumière, sans autre artifice ; c’est bien dans ce sens qu’il doit encore signifier pour toi sincère volonté d’agir dans la matière et par la matière vers la Lum:.. Peut-être seras-tu déçu qu’il ne s’agisse que de cela. Peut-être avait-tu pensé que ton premier pas serait de franchir cette « Porte étroite » des mystiques, par laquelle le Soi condensé peut passer dans le chas d’une aiguille pour s’évader des limites de sa prison ? Le chas est un trou par lequel passe un fil et il faut en premier lieu saisir le fil avant de regarder le trou. On n’est pas passe-murailles sans savoir de quoi et comment est fait le mur ; on n’est pas Dieu avant d’être homme et c’est en quoi consiste ton apprentissage : devenir un homme sincère comme le pain, loyal comme le pain, et pain bien cuit au feu de ta volonté. Mais voici, t’en parler mieux que moi, une matière travaillée par l'Esprit, le crâne.Ce n’est pas aujourd’hui que ce crâne aux orbites pleines d’une vision du néant a fixé l’attention des hommes puisque son culte, le plus vieux de tous, remonte aux premiers vestiges de l’âge de pierre. La partie jugée noble du corps a toujours été l’objet de rites multiples marquant le respect de l’homme à son égard, parce que la vision de ce vaisseau d’os bossué a imposé l’idée qu’il était le Temple de la Vie raisonnante, le Temple de la Lum\ des hommes. Dans combien de temps ne restera-t-il de nous tous que le témoignage de ce Temple abandonné de son Dieu ? Quand ce temps sera révolu qu’aurons-nous fait à la gloire de ce Dieu ? Telles sont les questions que ce crâne pose au vieil homme mourant dans le Cabinet de Réflexion. Vieil homme entraîné et déçu par les mirages de la possession, proie des visionnaires, des imposteurs, des politiques et des fous. Mais voici dans ces ténèbres, pointer l’aube qui relie les jours clairs sur la voie initiatique proposée par l’homme neuf par le crâne du vieil homme effacé de la réalité du monde. Le message de l’os, çà et là repoussé par le travail de l’Esprit dit avec la sagesse des peines consommées, et là je cite Marc-Aurèle, empereur romain et grand initié, « Que de loisirs gagnés, si l’on ne regarde pas ce que le voisin a dit, fait ou pensé, mais seulement ce qu’on fait soi-même, afin que cette action là soit juste, sainte et conforme au Bien. Ne prends pas garde au caractère méchant, mais court droit à la ligne de but, sans jeter les yeux de tous côtés » fin de citation. Ce qui est juste de justus est équitable. Ce qui est saint de sanctus est essentiellement pur. Homme de Bien, celui dont toute action est à l’exacte mesure de sa pureté d’intention, c'est-à-dire conforme dans ses interventions envers autrui à ce qu’il souhaiterait de mieux pour lui-même et qu’il appelle le Bien. En faisant sien ce message, l’essai d’être devient être par l’autorité même de sa conscience universelle du Bien par la reconnaissance implicite de la conscience morale d’autrui. Cet être neuf pourra désormais, dans les voyages aveugles qu’on lui a préparés, chercher le fil de la Lum:. Universelle. Tout accord est dualité et celui qui n’a pas de Ciel en lui-même n’en saurait trouver un dans le champ des étoiles ; l’homme qui ne porte point de Dieu vivant en lui-même ne peut trouver qu’un Dieu mort dans l’Univers sans écho. Ce que j’évoque ici n’est pas restreint aux formes religieuses et philosophiques de la croyance des hommes mais en comprend aussi les expressions politiques, économiques et sociales, toutes celles qui se résument en isme ; queue de comète qui trace, dans le ciel mental de l’humanité travaillée, la brillante et éphémère trajectoire d’un essai d’être collectif. Chacune de ses Formes a son rôle particulier, son rôle nécessaire et respectable ; la Vie normale qui survit à la Vie étant faite de tous les mutants anormaux, déséquilibres passagers qui font tourner la grande Roue de la réalité du monde. En se ralliant à la Norme, ici figurée par l’Equ:. et le Comp:. , tu ne renies rien ni personne, tu ne méprises rien ni personne puisque, dépouillant désormais toute haine, toute malveillance et toute hostilité, tu n’as plus qu’un seul et même adversaire … toi-même. Paix aux soucis ! Paix aux enragés, aux Terre-Neuve et aux faux culs ! Paix à jamais aux cendres du vieil homme ! Rongé par l’Esprit qui se cherchait, il est mort achevé par un serment dont l’homme neuf est le juge et le gage. On a brûlé sa dépouille à la flamme votive de la Lum:. naissante pour qu'elle ne revienne jamais hanter les nuits futurs du jeune initié. Cet initié, notre F:. Rémy est désormais protégé par un cercle sans fissure, que la pointe d'un Comp:. élargit sans quitter l’appui que lui prête l’autre pointe fixée au centre, du triangle de la Force, de la Sagesse et de la Beauté, de notre fraternité, et à la gloire du G:. A:. de l'U:.. Jean-Claude v. L.
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