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PlancheduFrère Orateurlors de la Tenue au 3ème degrédu26 octobre 2006
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Etre aiméDans le monde profane, nous naissons, nous vivons, nous mourons, nous sommes parfois aimés,nous sommes parfois regrettés, parfois oubliés. A peine nés, nous sommes condamnés a mort. Dans la vie maçonnique, nous naissons de la mort du vieil homme. Il meurt et simultanément naît le maçon. La transition est tranchée, elle n'est pas floue et elle est sans retour. En ce sens la résurrection c'est cela. C'est la résurrection de l'enveloppe charnelle du vieil homme en enveloppe charnelle du maçon .. Nés maçons, nous sommes aussi condamnés à mort mais cette mort là sera la vraie, la seule, celle dont personne ne revient. Mais entre ces deux pôles, nous sommes aimés, aimés de nos frères, nous nous laissons aimer par nos frères, nous aimons nos frères, ils nous aiment comme nous sommes et nous les aimons tels qu'ils sont, humains, avec toute la noblesse de leur force mais aussi le soulagement que peuvent représenter leurs faiblesses. Car nous somme perfectibles et non parfaits. Devenus maîtres, nous ne mourons pas au grade de compagnon et d'apprenti. Notre coeur de compagnon, notre cœur d'apprenti est encore là, ardent, dans ce nouveau coeur de maître. L'enveloppe charnelle ne renaît jamais et si nous en avons parfois l'illusion, il faut savoir que c'est une illusion. L'esprit lui habite cette enveloppe charnelle. Cette enveloppe charnelle, par la parole, par les signes, par les attouchements, par la bouche qui nous parle, par les mains et les bras qui nous étreignent, par les yeux et la mimique pleine de tendresse, permet a l'esprit de passer d'un maçon à l'autre et de faire que son feu ne s'éteigne pas tant qu'il y aura trois maçon dans l'univers. Devenir maître, c'est, dans une inconscience certaine, se mettre au seuil de la dernière étape de la vie, celle où on n'a plus rien à perdre, celle où on a une conscience aigue de sa propre finitude et celle où toutes les audaces sont permises dans une dernière fertilisation des frères en loge. Notre loge mère assiste impuissante à notre naissance, à notre vie, à notre mort. elle ne nous épargnera ni souffrance ni joie. Mais cette loge mère, qui était avant nous, qui sera après nous, nous est bienveillante, accueillante, nourricière, aujourd'hui comme hier. Léon B. |