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Mini planche d'instructionLe préjugéle22 novembre 2007
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Le préjugé
Permettez-moi de commencer par un bref survol étymologique. Préjuger est un verbe transitif qui est issu de la francisation (vers le milieu du XVème) du latin praejudicare soit juger préalablement et, en bas latin, porter préjudice. Le participe passé substantivé a donné le préjugé vers la fin du XVIe. A cette époque on entendait par là désigner ce qui détermine un fait, une opinion puis par extension, un indice, un signe. Ces usage sont devenus obsolètes et ont cédé la place à une autre acception « l’opinion (bonne ou mauvaise) que l’on se fait de quelque chose ou de quelqu’un que l’on se fait à l’avance. De nos jours c’est même clairement une valeur péjorative qui prédomine et définit une opinion adopté sans examen. D’une certaine façon l’acception moderne est revenue prochaine de celle de l’origine le « préjudice » Contrairement la phobie, du grec phobos, désigne une fuite (désordonnée et précipitée) dont l’origine est la peut et la panique. Le français médical l’emploie pour désigner un état psychopathologique d’aversion instinctive et irraisonnée. L’agoraphobe, par exemple, est en proie à une peur irrépressible de la foule qu’il ressent, la plupart du temps, comme une agression, voire un simple risque d’agression. Cela ne veut, en revanche, pas dire qu’il n'aime pas les individus quels qu’ils soient. La phobie, instinctive par essence, n’a donc rien à voir avec le préjugé, ce dernier étant avant tout une construction mentale fondée sur une éducation, une école de pensée, voire des ouï dires. X est M :. X est forcément anticléricale. Il existe toutefois des points de convergences entre eux. Je pense en particulier à l'homophobie qui consiste à rejeter ceux qui aiment les personnes de leur sexe et dont l’un des fondements est la morale. La morale, contrairement à l’éthique répond à des règles organisées par tel ou tel groupe. On peut avoir un comportement qui répond parfaitement à la morale et qui soit en violation grave avec l’éthique. Ainsi donc le préjugé est souvent le compagnon de route de la morale. Pour le pire de l’Humanité dans la plupart des cas ! On comprend donc immédiatement que, dès son origine, ce mot à une forte charge négative. Il n’est en effet rien de pire que de juger préalablement si l’on comprend ce mot dans son acception originale. Le jugement préalable est, en effet, l’opposé de la présomption d’innocence. Il ne faut pas confondre le préjugé et le présupposé. Le présupposée repose lui sur un fait intangible. Le plus connu est Platon est un homme Platon est donc mortel. Ce qui est tout différent que de dire Platon est grec, Platon est donc philosophe ! Le danger que représente le préjugé c’est qu’il constitue une prison non seulement mentale mais aussi et surtout du cœur. Le préjugé est souvent un puissant moteur de la haine. Le préjugé est donc par essence un ennemi du M :. qui, lui, est libre. Le M :. Adosse son action sur le libre arbitre, véritable antithèse du préjugé. Et pourtant il n’est pas simple, même avec la meilleure volonté du monde, de n’avoir aucun préjugé. Il n’est rare, si vous y prenez garde de constater que vous-même réagissez sur la bse du préjugé. C’est en tout cas mon cas, je le confesse volontiers Mais alors comment lutter contre le préjugé ? Tout simplement, si j’ose dire, en ouvrant son cœur. Oui mes F :., je vous en assure, l’Amour est le meilleur antidote contre le préjugé. Mais je dois vous le dire, même en connaissant le mal et l’antidote, vous n’êtes pas encore paré pour affronter le préjugé. Il vous manque encore la raison car l’Amour et donc son frère ennemi la haine ont des raisons que la raison elle-même ignore. Sommes-nous pris au piège ? Pas du tout. Car nous avons une botte secrète contre ce redoutable adversaire, le respect. Avec lui, même la haine la plus féroce se trouve désemparée. Comme je le dis souvent à mes interlocuteurs, le problème n’est pas le différend qui nous oppose mais la façon que nous avons de le résoudre. Je serais même tenté de dire, de ne pas le résoudre. Si vous installez le respect dans votre raisonnement, dans votre approche de l’autre dans se perception même, le préjugé va reculer. Il n’est un secret pour personne que si j’ai une passion pour l’effort collectif j’ai une très forte répulsion pour le collectivisme. Peu importe la raison de ce rejet, ce n’est pas l’objet de cette planche. Ce qui compte c’est mon attitude envers ceux qui prônent le collectivisme. Pour moi elle a toujours été, même si j’ai des mots durs pour eux, de leur démontrer leur erreur de raisonnement en combattant leur point de vue, argument après argument et non pas en le rejetant sans discussion. On ne vainc pas l’autre en l’abaissant mais en étant meilleur que lui. Ainsi, même si j’ai un profond rejet des collectivistes, je m’abstiens de préjuger et je m’efforce d’affronter leur raisonnement avec respect et je constate souvent que cette attitude, par elle-même, constitue un premier pas vers la victoire de mes arguments. Je crois surtout qu’il faut avoir présent à l’esprit le proverbe indien qui dit : Gardes ton esprit ouvert sinon tu prends le risque de laisser la vérité dehors. Conclusion du Frère Orateur
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