Planche de l'Orateur d'une Loge éphémère
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Saint Jean d'hiver

 

Loge éphémère le 21 décembre 2007

 

M :. B :. A :. F

Nous voici à nouveau réuni pour célébrer la St Jean d'hiver selon la coutume la plus dépouillée de notre O :. La L :. Éphémère.

Le lieu de notre Tenue est, à lui seul, le champ de notre introspection de cet instant magique. C'est en effet ici qu'habituellement se tiennent des cérémonies au cours desquelles des familles disent " Adieu " à leur parent, leur ami défunt.

Comme vous le savez tous, rien n'est hasard tout est coïncidences inspirées. Si c'est le lieu que le G :.A :.D :.L :.U :. A choisi pour nous rassembler c'est que son dessein est bien de nous conduire à l'intérieur de nous-mêmes par l'évocation de la mort.

Pourquoi un tel dessein alors que nous sommes tous M :.M :. Et que le rameau d'acacia nous est connu ?

Peut-être bien pour nous rappeler, au moment où les ténèbres ont, une fois encore, pris le dessus sur la clarté rayonnante du jour, que la vraie Lumière n'est pas celle que l'on voit mais celle, mystérieuse que l'on ressent au fond de nous.

Ce n'est donc pas celle qui nous permet de déambuler mais celle qui, intime, qui nous guide.

Là où d'autres se lamentent de la mort, nous, M :. M :., savons que tout être meurt et renaît.

Notre participation à la construction du temple idéal nous permet de savoir que ce que construit l'homme n'est souvent que l'expression de sa vanité et ne sert que son égo.

Mon propos n'est pas question de nier la reconnaissance légitime de nos actes les meilleurs. Il n'est pas question non plus de nier la présence bénéfique de l'égo.

Ce que cet instant nous conduit à comprendre c'est que tout doit s'inscrire dans des proportions.

Si l'A :. Apprend à tailler, que le C :. apprend à polir, le travail du M :. M :. Est surtout de comprendre qu'aussi bien taillée et polie que puisse être sa pierre elle ne présente aucun intérêt si elle n'est pas conçue et proportionnée pour s'insérer dans un édifice qui non seulement le dépasse mais dont il est certain de ne pas voir la fin.

C'est cette certitude qui conduit le M :.M :. à concentrer sa pratique de l'Art Royal non point sur la valeur individuelle qu'il peut donner à l'œuvre qu'il a entreprise, mais à l'inscrire dans un dessein qui, s'il sait ne jamais en voir la fin, en comprend la finalité et l'importance.

Pourquoi les ténèbres seraient-elles plus propices à cette mise en perspective que la lumière ?

Ne dit-on pas dans nos rituels que tout se passe ailleurs et que les lumières d'ici-bas ne sont qu'un pâle reflet ?

Pour le M :.M :. Qu'elle peut être la signification d'une telle affirmation si ce n'est de lui rappeler que l'œuvre a besoin, précisément, de son geste plus lent que celui de l'A :. et plus réfléchi que celui du C :. Car l'ouvrage tout entier s'inscrit dans une perspective d'une telle ampleur que, bien que sa maîtrise soit meilleure que celle de l'A :. et du C :. Il n'en demeure pas moins un novice, chaque jour le chantier recommençant.

Qu'elle peut donc bien être l'intérêt d'un chantier dans lequel le M :. n'est, en apparence tout au moins, pas plus expérimenté que l'A :. ?

A cette question je n'ai pas la réponse, V :. F :. R :. M :. !

Pourquoi la poser alors me direz-vous !

Tout simplement pour que notre quête dans les ténèbres ne soit pas vaine et qu'en permanence nous nous souvenions que nous avons certes la responsabilité de conduire nos F :. A :. & C :. et que cette conduite doit se faire dans l'humilité et la solidarité.

Sachons mettre notre égo et notre besoin de reconnaissance de côté. Ils ne nous servent à rien dans cet ouvrage-là, si ce n'est à perturber la sérénité dont nous avons besoin pour être à la fois M :. pour conduire, les F :. C :. & A :. à continuer la quête de la connaissance de notre grand Soi, et pour comprendre l'intérêt qu'il y a, chaque jour et inlassablement, à reprendre la taille de notre pierre.

La sérénité est donc nécessaire non seulement pour que chacun de nous puisse juger de l'avancement de son propre labeur mais surtout qu'il se pose la question de la compatibilité de sa pierre avec le vaste chantier dans lequel elle doit s'inscrire.

Voilà qui m'amène à vous poser la question suivante :

LE BONHEUR EST-IL UNE QUETE DE M :. M :. ?

Pour ceux qui ont partagé nos travaux de la  L :. De St Jean 6006, le triangle équilatéral

                                                                faire

                                   avoir                                                     être

a peut-être constitué une base de réflexion. Certes bien insuffisante mais utile, à ce travail qu'est la recherche de la mission que chacun de nous doit accomplir dans ce passage ici-bas.

Ce qui me semble certain c'est qu'en inscrivant son œuvre à l'intérieur du triangle équilatéral, le M :.M :. A bien plus de chance de voir sa pierre s'inscrire dans ce grand dessein puisque ce triangle vise l'harmonie dans la proportion éléments indispensables pour le conduire vers le G :.A :D :.L :.U :. qui, seul, connaît le plan.

On peut donc en déduire, que le bonheur n'a de sens pour le M :.M :. Que s'il s'inscrit à l'intérieur de ce triangle d'harmonie. En revanche, ce bonheur n'a aucun sens s'il ne repose que sur l'horizontalité du matériel.

Le bonheur pour le M :.M :. ne peut qu'être une quête vaine si celle-ci ne repose pas sur cette base dont la projection et le développement  dans l'espace produit, vous le savez bien mes V :.F :., une pyramide !

Or cette dernière image le rayonnement de l'enseignement que le M :.M :. reçoit des ténèbres dont il renaît et qu'il doit transmettre, aux A :. et aux C :. par le rayonnement de son action qui doit être juste et parfaite.

A l'inverse, une pyramide posée sur sa pointe n'illustre-t-elle pas le développement spirituel du M :. en général et du M :. en particulier, puisqu'il connaît la signification de la renaissance après la mort que lui engeignent les cinq points de la M :.  .

En d'autres termes, l'action du M :. M :. pour être fidèle aux enseignements et utile à la collectivité dans laquelle il évolue doit viser à son épanouissement et non point à son bonheur.

C'est la compréhension du double rôle de cette pyramide qui permet au M :. M :. de donner un sens à sa vie présente. En y ajoutant de la perspicacité, cette compréhension lui donnera les paramètres de sa mission. Plus le M :. Comprend le sens de " meurt et renaît ", plus il comprend l'intérêt, non point de l'indigence qui l'empêcherait de conduire l'action avec aplomb et pertinence, mais du dépouillement.

Que faut-il donc entendre par dépouillement ?

Hiram nous a enseigné le détachement pour mieux appréhender le Savoir, pratiquer la générosité bien placée et construire la tolérance grâce le respect d'autrui.

Par ses actes et ses paroles sur le chantier du temple de Salomon, Hiram a imagé de façon idéale ce que doit être l'action du parfait initié.

A l'inverse, les ouvriers félons nous ont montré toute la vanité qu'il y a de vouloir vaincre le temps par l'empressement.

Le détachement est donc l'apprentissage de la relativité de toute chose, y compris du bonheur.

Le détachement nous ouvre la porte de la sérénité.

Comme celle-ci ne s'atteint jamais dans le tumulte qu'engendre le monde profane, la sérénité nous contraint au dépouillement.

Le dépouillement est donc, mes B :.A :.F :. L'outil indispensable à notre esprit pour que la Lumière puisse l'atteindre.

Il résulte de cette démarche que la quête du bonheur, tant qu'il n'est que matériel, ne peut pas constituer une finalité, pour le M :.M :.

Ce que qui constitue une vraie quête pour le M :.M :. Est, à n'en pas douter le BIEN ETRE.

Ce constat nous ramène, vous l'aurez compris, à notre triangle et en démontre toute la pertinence.

Sans bien ETRE, ne M :.M :. Ne peut pas bien FAIRE ce qui le coupe, au final, de l'AVOIR.

Si, comme nous l'avons vu, l'AVOIR pour le M :.M :. ne constitue pas le " bonheur ", alors que constitue-t-il ?

AVOIR pour le M :.M :. C'est le chemin de la Connaissance. Non point pour s'enrichir de quelques pacotilles matérielles, mais la Connaissance de l'Initié qu'il va pouvoir induire dans sa vie profane et ainsi la transmettre à autrui.

En outre l'AVOIR du M :.M :. repose dans la sagesse qui constitue une partie de sa quête individuelle.

L'AVOIR du M :.M :. réside donc dans ce qu'il peut transmettre.

En s'inscrivant de cette façon, l'AVOIR du M :.M :. nous montre que dans l'Art Royal, comme dans l'enseignement du ZEN, c'est celui qui donne qui doit dire merci et non celui qui reçoit. Car sans le second le premier ne pourrait pratiquer la charité et serait dès lors privé de la compréhension du sens de celle-ci.

AVOIR pour le M :.M :. n'est pas et ne peut pas être posséder.

L'AVOIR du M :.M :. est la possibilité de donner.

Donner sans arrière pensée, sans calcul, seulement donner, non point pour la beauté du geste, celui-ci se perdant dans l'instant qui suit l'acte de donation.

Le don pour M :.M :. Est surtout destiné à lui permettre de mieux comprendre que par ce geste, il meurt et renaît.

L'homme qu'il était avant le don n'est pas celui qu'il sera après. Le don en particulier de son savoir, sans aucun calcul, lui permettra de renaître enrichi du bonheur qu'il aura fait.

Au moment où les ténèbres sont vainqueurs de la lumière, souvenons-nous mes B :.A :.F :. que la maîtrise n'a de sens que si elle nous permet de comprendre l'importance de la rectitude de notre action.

C'est elle qui nous éclaire dans les ténèbres de notre ignorance.

J'ai dit R :. M :.,

Quelque part à  l'Orient de Genève, le 21 décembre 2007

 

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