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Le symbolisme dans les sociétés initiatiquesPlanche de Jeûne Maître
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De la difficulté à définir le symboleEn étudiant le symbolisme sous toutes ses formes, on est emmené à explorer le domaine du symbole. La plupart des auteurs estiment insurmontable la difficulté à définir le symbole; dans le «traité du Narcisse ou théorie du symbole », André Gide s’y est risqué : « J’appelle symbole tout ce qui parait », ce qui, on en conviendra, est excessif. Mais on peut retenir de lui cette autre affirmation. « les vérités demeurent derrière les formes-symboles ». Parmi les auteurs qui renoncent à définir le symbole, R. Berteaux use d’une comparaison juste : « les mots ne peuvent exprimer tout contenu du symbole, pas plus qu’ils ne peuvent exprimer la totalité de l’art pictural ou de l’art musical ». Les symboles, ajoute-t-il, synthétisent tous les messages, tant de l’inconscient que du conscient. Le symbole destiné à faciliter l’accomplissement de trois étapes : découvrir, comprendre, créer. En effet, il facilite la découverte du monde de l’inconscient, il permet de capter la réalité, il facilite la participation au processus de création. Cette participation à laquelle appelait Platon: La géométrie philosophale«Nul n’entre ici, s’il n’est géomètre ». Tel fut l’avertissement qui écartait de l’école de Platon les simples écouteurs, non préparés à penser par eux-mêmes. La géométrie du génial philosophe n’était pas en effet, celle d’Euclide, science de la mesure de l’espace, avec ses théorèmes et ses démonstrations. Il s’agissait d’une autre géométrie, plus subtile en sa spiritualité, d’un art plutôt que d’une science, art consistant à rattacher des idées aux formes et à lire les signes composés de lignes comme les figures géométriques. C’est en s’appliquant à donner un sens aux tracés les plus simples que l’esprit peut remonter aux conceptions fondamentales de l’intelligence humaine. Pour y accéder, il faut une structure, un cadre ou mieux une véritable machine. La société initiatique comme moyen d’accéder à la véritéAfin de mieux cerner ce qu’est une société initiatique, arrêtons-nous d’abord sur le qualificatif initiatique. René Alleau, historien et philosophe français nous dit : on imagine trop souvent que « cette rupture du niveau ontologique » est une métaphore, une allusion à des transformations de l’être purement intérieures, d’ordre psychologique, ou bien correspond seulement à des aspects particuliers de la vie mystique et du sentiment religieux. Sait-on comment se déroulait l’initiation selon les rites d’une confrérie masculine de l’Amérique du Nord, dans la tribu des Mandan ? Deux hommes enfonçaient des couteaux dans les muscles de la poitrine et du dos du néophyte, plongeaient leurs doigts dans la blessure, passaient une attache sous les muscles des bras et des jambes. La façon dont les jeunes supportaient cette terrible torture touchait du fabuleux : « pas un trait de leur visage ne se contractait pendant que les bourreaux charcutaient leur chair. Une fois suspendus en l’air, un homme commençait à les faire tourner comme des toupies de plus en plus vite, jusqu’à ce que les malheureux perdissent connaissance, leur corps pendant, comme disloqué. Après de telles épreuves, plus terribles que celle de la mort naturelle dans beaucoup de cas, comment un homme pouvait-il craindre la mort dans les combats ? Comment ne se serait-il pas senti réellement ressuscité à une conscience d’exister dans un état absolument différent non seulement de son expérience antérieure, mais aussi dans celle des profanes qui ne pouvaient même pas imaginer ce qu’il avait connu ? « Le tout autre » que révèle l’expérience directe du Sacré dans la chair comme dans l’esprit, n’est pas une conception théorique des historiens des religions. C’est une réalité haute et profonde, un surcroît expérimental, une surréalité, au sens le plus précis de ce terme. C’est pourquoi le langage et le nom de l’initié se transforment aussi après la résurrection rituelle. Une langue secrète est enseignée au nouveau membre de la confrérie sous la condition de ne la révéler à aucun profane. Il importe de comprendre que le passage d’un niveau du langage à un autre et, d’abord de la langue tribale des profanes à celle des initiés, n’est pas seulement l’apprentissage d’un jargon secret d’une confrérie, mais aussi des rapports intimes qui existent entre cette langue et l'expérience existentielle de l’initiation, et en quelque sorte l’incarnation de ses mythes, ses rites et ses symboles. C’est le corps lui-même qui doit en quelque sorte réinventer complètement son image, comme la conscience, son langage, à travers les #épreuves de cette nouvelle naissance. Il faudrait concevoir la société initiatique, ses participants, ses rites, ses lieux et heures d'assemblée comme une sorte de machine fonctionnant de manière à obtenir le déclenchement de facultés particulières du cerveau. Chaque homme choisi, testé par des épreuves, entraîné par une pédagogie préparatoire, serait un des éléments de la machine. Face aux symboles de leur ordre, ils attendent que la machine se mette à fonctionner analogiquement et que se produisent dans le domaine silencieux de leur cerveau, ces connexions ultrarapides qui leur livreront la réalité totale de la chose représentée. Ils attendent, mais non passivement. Ils ont choisi, selon l’enseignement de leur tradition, l’heure et le lieu. Tel moment de telle nuit, peut être à cause de l’état du ciel, du rayonnement cosmique, de la disposition des champs magnétiques. Ils se mettent dans certaines postures bien précises. Ils font certains gestes, ils se livrent à une danse particulière, ils prononcent certaines paroles, émettent des sons, modulent un souffle. On ne s’est pas encore avisé qu’il pourrait s’agir là de techniques destinées à provoquer dans le cerveau la mise en activité de circuits inconnus. Les rites ne sont peut-être que des ensembles complexes de dispositions rythmiques susceptibles d'opérer une mise en route des fonctions supérieures de l’intelligence. Et les traditions seraient ainsi le véhicule d’anciennes techniques d’action de l’homme sur lui-même. Qu’en est-il du symbolisme en Franc-maçonnerie?Le symbolisme initiatique : cœur de la franc-maçonnerie Des rituels disent que le but de la franc-maçonnerie est de trouver la vérité à travers la voie des symboles. Autrement dit, le but, c’est la vérité; le moyen d’y accéder, c’est le symbole. Toute la démarche maçonnique au niveau des moyens et de la méthode, est basée sur le symbolisme, son langage et son efficacité. L’initiation en tant que rituel représente elle-même un ensemble dynamique de symboles. Le symbolisme n’est pas seulement un instrument maçonnique et initiatique, il joue un rôle important dans l’existence intime de chacun, dans les relations avec autrui et dans la vie collective de l’humanité. La plupart des problèmes de société ont leur source dans les attitudes psychiques des individus qui composent la collectivité. Les comportements sociaux en politique sont fortement influencés par les symboles. La connaissance du symbolisme permet donc de mieux comprendre les mouvement qui agitent le monde. Dans nos rapports quotidiens avec autrui, les paroles, attitudes et #comportements ont, à côté de leur expression immédiate, une portée souvent fortement symbolique. Etre sensible au langage des symboles peut aider à gérer sentiments et réactions émotionnelles dans les relations humaines. Sur le plan personnel, notre voix intérieure s’exprime souvent de manière symbolique dans nos rêves, intuitions et réactions spontanées. L’ouverture au monde des symboles facilite l'écoute de soi-même et la compréhension des événements de notre vie. Peut-on parler d’uniformité dans les sociétés initiatiques dans leur approche du symbolisme? ConclusionEn guise de réponse à cette question, réponse qui sera également ma conclusion à ce travail, j'ai souhaité vous lire une lettre de Mme Claire Lejeune sur l’histoire des cahiers internationaux du symbolisme adressée à René Alleau. Mme Lejeune écrit : " L’un des évènements de mon existence fut la découverte que le sens de la vie était comprendre. Et que ce mot-là désignait une mutuelle intégration de deux principes constituant la pensée : la conscience et le phénomène ". Ceci établi, il est évident que le point d’impact entre ces deux principes, pour devenir intelligible doit subir une réduction à un dénominateur commun que l'on peut désigner du terme de symbolisme. Cette quête du symbolisme comme dénominateur commun du sujet et de l’objet de la connaissance (comme puissance du verbe) remonte aux origines même de l’intelligence humaine, elle se trouve être au sein des innombrables sociétés initiatiques. Mais la plupart de ces sociétés dites initiatiques ne font que cultiver et entretenir le « vénérable jardin », sans jamais pratiquer l’ouverture sur la métamorphose permanente du monde contemporain. Comme les religions, elles ne font que reproduire inlassablement les prestigieux rites d’antan, au lieu de leur faire subir le sacrifice du Phénix : la mort comme condition de régénération permanente. Jean-Claude Z. Frère de la Loge Fidélité et Prudence à l'Orient de Genève
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