Temple sacré. Histoire des cathédrales
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Temple sacré

Histoire des cathédrales

 

Thème d'étude 2001

 

 

Le Temple historique

L’émergence de la conscience sacrée, chez l’homme, se situe au cours du Paléolithique. Une étape significative se dessine avec l’homme de Neandertal et les premières sépultures. Faut-il considérer ces inhumations, souvent en fosse, comme des chapelles funéraires, liées à un culte du défunt ou plus globalement des morts?

Honorer les ancêtres semble une réalité archaïque. Inversement, l’autre aspect du culte est celui de la fécondité, qui ne se déroule pas obligatoirement dans la grotte. Il existe bien d’autres rites encore, qui laisse supposer des installations temporaires en plein air. Se posent alors les questions : qui choisit et comment choisit-on l’emplacement idéal qui va devenir, l’instant d’une cérémonie, l’espace-temps sacré de toute une tribu. Le songe, la vision, la consultation des oracles sont les moyens décrits dans les textes historiques et probablement utilisés bien avant.

Les plus anciens vestiges conservés de temples datent du Néolithique, ce qui ne signifie pas qu’il n’y en ait pas eu auparavant, Il s’agit des dolmens et de leurs enclos sacrés. Ils réunissent des constantes, sur les plans cosmique et tellurique,  que l’on va retrouver dans les sanctuaires du monde entier. A partir d’un point central, qui constitue le coeur du temple, un périmètre est délimité : l’enceinte sacrée (temenos ou nemeton). L’édification de l’ensemble des édifices - il peut y en avoir plusieurs -, se fait en relation avec les courants d’eau souterrains et le réseau sacré, à l’instant où le premier bâtiment est construit. Ainsi, le temple devient le centre du monde. Il semblerait que la sacralisation d’un lieu soit définitive, ce qui n’interdit pas de procéder à des sacralisations périodiques.

Une fois le plan d’ensemble définit, vient le rite de fondation. Souvent, on creuse une fosse et elle devient un dépôt rituel, en hommage à la Terre et à l’Eau souterraine. L’enceinte est tracée sur une base carrée en rapport avec ta Terre, ou circulaire en rapport avec l’Eau et/ou le Ciel. Puis on construit le ou les édifices, qui abritent, en leur sein, le Feu sacré et secret. A la fin, viennent les rites de consécration, en hommage à l’Air et au Ciel. A l’époque néolithique et à l’âge du bronze, il s’agissait de cornes de consécration, fixées dans la partie sommitale du sanctuaire. Sur le plan du matériau, on peut établir une distinction entre architecture de bois, liée au monde végétal, et architecture de pierre, lié au monde minéral. Les bâtiments de pierre entrent dans la problématique de l’opposition entre la pierre brute - empreinte de la nature -, et la pierre taillée - marque de l’architecte. Quel que soit le choix du concepteur, la polarité du matériau est prise en compte, de manière à créer un champ de force repoussant tout intrus.

En effet, les temples, à l’origine, sont réservés à une catégorie d’individus capables de résister physiquement aux extrêmes variations du taux vibratoire, générées par la construction. A l’époque néolithique, il s’agit encore des chamans, car il n’y a que peu de divinités définies. Ensuite à la Protohistoire, ce sont des prêtres. sur le plan des cultes, la déesse mère occupe une place prépondérante d’abord. Puis ses différents aspects - jeunesse, fécondité, mort - donnent plusieurs entités. De même, le roi offre des traits multiples, qui aboutissent à des dieux.

Sur le plan vibratoire, le temple justifie pleinement sa définition d’espace-temps sacré. En effet, il s’agit d’un lieu, strictement délimité par un réseau cosmique et -tellurique, où peut s’effectuer la fusion entre le temps et l’éternité. Les initiations s’y déroulent.

Puis quand les statues ou autres effigies des divinités ne se contentent plus de veiller sur l’espace-temps sacré, mais se cachent au plus profond du sanctuaire, il devient la demeure de la divinité. Dans l’enceinte, outre les temples, il y a d’autres supports du culte : des menhirs, des stèles, des statues; des autels pour les sacrifices ou les libations; des fosses ou des puits qui recueillent les restes des offrandes; des chemins processionnels et des espaces où les initiés dansent et vivent le drame sacré. Des écoles pour les prêtres peuvent également s’y trouver.

Ce dernier schéma se découvre en Egypte, où il existe d’une part des temples dédiés avant tout aux pharaons, et de l’autre, des temples consacrés aux dieux et qui constituent leur demeure effective. Une enceinte souvent trapézoïdale entoure divers bâtiment ou chapelles, des jardins et des lacs sacrés. A l’intérieur, chaque temple est édifié selon le même modèle : un ou deux obélisques forment les portes de feu. Puis on entre par les pylônes - sortes de tours rectangulaires, entre lesquelles se situe l’accès monumental. Le taux vibratoire y est très bas, comme au seuil de la mort. On traverse ensuite une vaste cour, qui correspond au plan terrestre et à la forêt de colonnes. Au-delà, se situent les parties les plus secrètes, les plus obscures - le pronaos et le naos, où le taux vibratoire s’élève. Seuls les prêtres et les initiés peuvent y pénétrer. Au parcours dans le temple, sur un plan horizontal, correspond un autre, vertical, dans les tous du pylône.

Le mot temple est lié à l’observation du mouvement des astres. Le templum signifiait primitivement le secteur du ciel que l’augure romain délimitait à l’aide de son bâton et dans lequel il observait les phénomènes naturels, soit le passage des oiseaux ; il en est venu à désigner le lieu, ou l’édifice sacré, où se pratiquait cette observation du ciel. De même le grec temenos, qui vient du même radical indo- européen tem (couper, délimiter, partager) signifiait l’endroit réserver aux dieux, l’enceinte sacrée entourant un sanctuaire et qui est un lieu intouchable.

Le temple aujourd'hui

Lieu et temple sont aussi des places de rencontres, de partages où chacun cherche sa lumière selon une même démarche ou rituel. Situés hors du temps, ils permettent ainsi une recherche sur soi qui aboutit généralement à la découverte de la spiritualité. La lucidité sur le sens de la vie qui en découle suscite le plus souvent  une démarche originale qui développe chez les adeptes une aptitude à vivre selon des règles communautaires qui ennoblissent l’altruisme et l’humanisme.

Par opposition à cette approche, il existe des communautés dont le but est de consacrer des lieux afin de pratiquer des rituels dans le but de développer des privilèges sociaux qui n’ont rien à voir le développement harmonieux de la société. La pratique d’un rituel est alors essentiellement basée sur l’établissement d’un cohérence mystificatrice dont le but essentiel est l’affaiblissement de la volonté.

Un rituel s'établit donc à partir du moment où se développe la nécessité de comprendre pourquoi on doit vivre ensemble mais aussi lorsqu’une communauté désire s’approprier du pouvoir matériel, politique, psychologique et spirituel. La sacralisation du lieu où s’exerce le rituel est directement liée à la nature profonde des besoins spirituels communautaires. Si le but du rituel est l’endoctrinement dogmatique le lieu sera « fortement » sacralisé puisqu’il doit être communautarisé. Dans cette disposition, le rituel extériorise en quelque sorte la spiritualité  et empêche toutes démarches lucides sur le sens du sacré.

Mais si le but de rituel est de développer le temple intérieur par une recherche continue des potentialités d’union avec le divin, la démarche est orientée surtout dans la transformation du savoir en connaissance. Il n’est plus nécessaire d'entretenir un lieu sacré, ni d’asservir l’homme à une quelconque filiation temporelle. La maçonnerie a rejeté la voie de la contrainte spirituelle, puisqu’elle propose une démarche initiatique qui développe les aptitudes spirituelles hors de toute proposition dogmatique et sans culpabilité quant au résultat obtenu.

Une telle proposition ne nécessite pas de lieu sacré car ce qui est essentiel dans le temple maçonnique est lié à une sacralisation du temple intérieur.  Seule la responsabilité de l’engagement dans la voie initiatique est la clé qui ouvre la porte d'une quête sans fin sur l'organisation métaphysique et sur ses débouchés  sociologiques. L'humilité et l'espérance resteront donc les valeurs essentiel qui entretiendront le mystère de l'Esprit  puisque le rapport entre le Soi et sa conscience ne peut être objectiver.

Par ailleurs, cette démarche montre à l’évidence le fossé qu’il peut exister entre le religieux et l’initiation.  Opposer l’un à l’autre n’a pas de sens puisque les deux voies sont inconciliables. Vivre l’une avec l'autre c’est s’embarquer sur un bateau navigant sur une mer démontée et gérer la tempête jour après jour. Le choix est donc une nécessité et l'homme engagé dans la voie de la vérité doit tôt ou tard faire la différence entre la notion de religieux et celle de la spiritualité.

En conclusion la Maçonnerie n’exige point d’éléments d’architecture matériels spécifiques, seuls les symboles actifs du rituel sont représentés et aident au processus initiatique du récipiendaire.

La beauté architecturale doit être comprise de l’intérieur et seuls les rapports entre les symboles construisent le temple symbolique de l'humanité.  Le voyage maçonnique est l’expression naturelle des rapports entre les divers éléments symboliques et il ne porte des fruits que si le maçon voyage effectivement, car l'alchimie qui naît des sentiments et de la raison reste le processus moteur de la  fertilisation de l’esprit. Ainsi l'homme qui vit son initiation ne restera plus jamais seul au milieu de la tempête, puisque celle-ci est provoquée par son ignorance. Lucidité, clairvoyance, persévérance seront les piliers-valeurs qui renforceront sa volonté et qui lui permettra de vaincre tous les obstacles.

Conclusion

Le sacré, l’initiation, et la recherche spirituelle n’ont pas changé en regard des «évolutions» au travers des époques lointaines à ce jour; dès lors la possibilité de matérialiser ou de répéter la même chose de manière identique ne signifierait-il pas que cette chose soit sacralisée? Il n’y a pas de chose sacrée en elle-même, pour qu'il y ait sacralisation il faut qu’il existe une reconnaissance transcendée.... Ainsi, le sacré se situe hors du temps et prend toute sa dimension temporelle dans le coeur de celui qui voue sa vie à aimer ses Frères et fait sienne cette belle et consolante phrase de Jésus: "Aimer-vous les uns les autres"

 

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